Le guide complet des feux sonores : réglementation, usage, historique…

Sommaire

Qu’est-ce qu’un feu sonore ?

A quoi sert un feu sonore ?

Quand un carrefour doit-il être équipé de feux sonores ?

Comment prioriser et planifier vos installations de feux sonores ?

Quelle place donner à la concertation avec les usagers ?

Comment installer un feu sonore ?

Quelques conseils pour l’implantation des feux sonores sur une traversée piétonne

Qu’est-ce qu’un couloir sonore ?

Comment paramétrer correctement un feu sonore ?

Comment organiser la maintenance de vos feux sonores ?

Quels sont les outils de déclenchement des feux sonores destinés aux usagers aveugles ou malvoyants ?

Comment équiper un carrefour complexe en feux sonores ?

Comment faire savoir aux usagers que vos feux piétons sont équipés de répétiteurs sonores ?

Quels sont les principaux textes réglementaires concernant les feux sonores R12 et R25 ?

Comment assurer la sécurité des piétons aveugles ou malvoyants malgré la suppression des feux de signalisation ?

D’autres fonctions innovantes pour les feux sonores

L’histoire des feux sonores

Les feux sonores dans le Monde

Traverser la rue en sécurité est un défi quotidien pour les personnes aveugles ou malvoyantes. Les feux sonores leur permettent de connaitre le moment où elles peuvent s’engager. Selon la réglementation accessibilité, installer des répétiteurs sonores de feux piétons est une obligation pour l’ensemble des communes équipées de signalisation lumineuse. A quoi servent les feux sonores ? Quand faut-il en équiper les carrefours ? Comment planifier les équipements en fonction de votre budget ? Que dit précisément la réglementation ?

Nous vous donnons dans ce guide complet des feux sonores toutes les clés pour réussir votre stratégie d’équipement de tous vos signaux lumineux R12 ou R25. Vous y trouverez des explications concernant les fonctionnalités des feux sonores, leur paramétrage, leur maintenance et bien plus encore ! 

Qu’est-ce qu’un feu sonore ?

Feux sonores, répétiteurs sonores, modules sonores pour feux de signalisation, feux à synthèse vocale…, toutes ces expressions désignent des dispositifs diffusant un message sonore pour compléter la signalisation lumineuse à l’attention des piétons. 

Concrètement, le module sonore se compose d’une carte électronique associée à un récepteur radio pour son déclenchement et un haut-parleur pour la diffusion du son. Il peut être intégré directement à l’intérieur de la figurine « piéton » lumineuse ou dans un boitier externe fixé au mât du feu de signalisation. 

Retrouvez notre article détaillé Un feu sonore ? Qu’est-ce que c’est ?

 

A quoi sert un feu sonore ?

Un feu sonore permet aux personnes aveugles ou malvoyantes de connaitre le bon moment pour traverser la rue en sécurité. Il traduit en sons les signaux lumineux destinés aux piétons. Lorsqu’il est activé, à chaque fois qu’une figurine « piéton » passe du rouge au vert, ou inversement, le signal sonore correspondant se fait entendre. Le doublage sonore du signal lumineux est un élément incontournable de sécurité routière. 

Mais la fonction des feux sonores ne se limite pas à traduire en son la couleur des signaux lumineux. Pour une personne aveugle ou malvoyante, traverser la rue en sécurité implique de pouvoir localiser précisément les traversées et atteindre le trottoir d’en face sans dévier. Les feux sonores sont alors d’une grande aide. L’activation à distance des feux sonores, par le biais de la télécommande dédiée ou grâce à une application smartphone, permet en effet aux personnes aveugles ou malvoyantes de localiser l’emplacement d’une traversée piétonne grâce à la provenance du son. Ceci leur facilite ensuite la recherche de la bande podotactile d’éveil de vigilance qui marque le début de la traversée. 

traversée piétonne avec feux sonores

Le message diffusé sur la phase rouge du feu piéton indique le nom de la rue, ce qui permet aux usagers de confirmer leur position et de maintenir leur orientation. 

L’activation à distance présente également l’avantage de pouvoir déclencher le feu sonore situé de l’autre côté de la traversée, qui sert ainsi de balise sonore pour ne pas dévier de sa trajectoire. Le doublage sonore du signal lumineux apporte alors également confort et sérénité dans les déplacements.

En résumé, les trois fonctions d’un feu sonore sont :

  • Une aide à l’orientation pour localiser la traversée piétonne,
  • Une aide à la décision pour traverser la rue au bon moment et
  • Un guidage pendant la traversée pour atteindre au plus vite le trottoir opposé.

Pour mieux comprendre les stratégies utilisées par les personnes déficientes visuelles lors des traversées, lisez notre article :

Comment font les aveugles pour traverser la rue en sécurité ?

Quand un carrefour doit-il être équipé de feux sonores ?

La loi du 11 février 2005 définit la chaîne du déplacement du point de vue de la personne. La voirie est un passage obligé pour l’ensemble des usagers. Parmi les objectifs de la réglementation accessibilité, tous les feux de signalisation pour les piétons doivent être progressivement équipés de répétiteurs sonores pour que les personnes ayant un handicap visuel sachent quand traverser la rue en sécurité. Cela concerne :

  • Les feux de signalisation R 12 aux droits de traversée pour piétons sur chaussées routières, 
  • Les feux de signalisation R 25 au droit de traversée pour piétons de voies tramways ou de transports en commun en site propre et 
  • Les feux de signalisation R 24 au droit de traversée pour piétons de passages à niveau.

Une programmation pluriannuelle des équipements via le PAVE

Comme l’ensemble des travaux d’accessibilité de la voirie, la mise aux normes des feux de signalisation doit faire l’objet d’une programmation dans le plan de mise en accessibilité de la voirie et des aménagements des espaces publics (PAVE). 

Depuis la loi « handicap » de 2005, toutes les communes de plus de 1 000 habitants et les EPCI compétents doivent établir un PAVE à l’initiative du maire ou du président de l’EPCI. Initialement, le PAVE devait être adopté au plus tard le 22 décembre 2009 par toutes les communes. Cependant, l’élaboration des PAVE s’est mise en place de manière graduelle sur l’ensemble du territoire avec de gros retards, en particulier pour les petites communes en raison de ressources humaines, techniques et financières insuffisantes.

Le PAVE concerne l’ensemble de la voirie ouverte à la circulation publique présente sur le territoire de la commune, y compris les voies appartenant au département, à l’État ou aux acteurs privés. Il comprend :

  • L’état des lieux de l’accessibilité de la voirie, le diagnostic de l’existant ;
  • La mise en évidence des chaînes de déplacement permettant d’assurer la continuité des cheminements accessibles entre les différents points-clef de la commune ;
  • Une évaluation et une hiérarchisation des propositions d’aménagement ;
  • Les propositions de travaux d’amélioration pour assurer l’accessibilité ;
  • L’estimation chiffrée des travaux nécessaires ;
  • La programmation pluriannuelle des travaux et le suivi des actions.

Contrairement aux agendas d’accessibilité programmée (Ad’AP) applicables dans le domaine des transports publics et des établissements recevant du public (ERP), le PAVE n’est pas soumis à une date butoir pour la réalisation des travaux de voirie. Chaque commune ou EPCI est libre d’en fixer les délais. Le PAVE doit cependant faire l’objet d’une évaluation et d’une révision périodique. 

La réglementation des feux sonores décryptée, téléchargez-la !

Une obligation de mise à niveau lors des travaux de voirie

Tous les travaux réalisés depuis le 1er juillet 2007 sur l’ensemble de la voirie (privée ou publique) ouverte à la circulation publique et sur les espaces publics situés en agglomération doivent respecter la réglementation accessibilité. La sonorisation des feux de signalisation est concernée au même titre que l’aménagement des cheminements, du stationnement, des postes d’appel d’urgence et des points d’arrêt de transports collectifs. 

Les règles d’accessibilité s’appliquent automatiquement dans les cas suivants :

  • La réalisation de voies nouvelles ;
  • L’aménagement d’espaces publics ;
  • Des aménagements ou travaux ayant pour effet de modifier la structure de la voie ou d’en changer l’assiette ;
  • Des travaux de réaménagement, de réhabilitation ou de réfection des voies, des cheminements existants ou des espaces publics, que ceux-ci soient ou non réalisés dans le cadre d’un projet de mise en accessibilité de la voirie et des espaces publics.

Des dérogations aux règles d’accessibilité existent en cas d’impossibilité technique. Ces impossibilités sont fréquentes en ce qui concerne les largeurs des cheminements, le respect des pentes ou des dévers. En revanche, elles ne s’appliquent pas à la sonorisation des feux de signalisation. Les fabricants proposent différentes options capables de traiter l’ensemble des cas particuliers et donc de mettre à niveau des installations même anciennes.

À noter qu’il n’existe pas d’obligation de mise aux normes des feux piétons lorsque les travaux ont lieu hors agglomération. 

Quand faut-il implanter des signaux R25 ?

Si une traversée piétonne comportant à la fois une voie de circulation automobile et une voie de tramway est gérée en un seul temps, la réglementation n’impose pas l’usage du signal R25. Un signal R12 suffit. Cependant, ce type de configurations est à éviter pour la sécurité des piétons.

Dès qu’une traversée comporte une voie réservée aux services réguliers de transports en commun, il est recommandé de créer des îlots refuges et de la gérer en plusieurs temps. Alors, on privilégie l’implantation de signaux d’arrêt R25 qui présentent l’avantage de :

  • Réduire le risque de confusion visuelle et
  • Améliorer l’information sonore et la sécurité pour les personnes aveugles ou malvoyantes.

personne aveugle traversant la rue grâce à un feu sonore

Comment prioriser et planifier vos installations de feux sonores ?

Notre conseil : commencez par un diagnostic ! Pour réussir votre stratégie d’équipement en feux sonores, la première étape consiste à bien connaitre le parc en place. Avec les changements de matériels, les travaux, les différents marchés, la succession des équipes de SLT, il n’est pas toujours simple de savoir où vous en êtes. Et pourtant, c’est primordial pour planifier et évaluer le budget de mise aux normes de vos carrefours à feux. 

Etablir un diagnostic des feux sonores consiste à se rendre sur chacun des carrefours à feux de votre commune, communauté de communes ou agglomération pour relever méthodiquement les points suivants :

  • Les signaux pour les piétons sont-ils équipés de répétiteurs sonores ?

Si oui :

  • De quel matériel s’agit-il (quel fabricant, quel modèle…) ?
  • La carte électronique est-elle en état de fonctionnement ?
  • Le haut-parleur est-il en état de fonctionnement ?
  • Le récepteur radio est-il opérationnel ?
  • Le répétiteur sonore est-il correctement paramétré (volume sonore, contenu des messages, nom de la rue correspondant à la traversée…) ?
  • Les mâts sont-ils correctement positionnés de manière à orienter les personnes aveugles ou malvoyantes tout au long de la traversée ?

Si non :

  • La figurine « piéton » est-elle pré-équipée de manière à recevoir une carte électronique à intégrer ?
  • Faut-il prévoir l’installation d’un boitier externe comprenant la carte électronique et le haut-parleur ?

En plus de vous aider à élaborer votre stratégie de mise aux normes des carrefours à feux, auditer votre parc vous permettra d’organiser la maintenance préventive. Si vous n’avez pas les ressources humaines et compétences techniques en interne, il est possible de confier cette étape à un prestataire, comme l’a fait la ville d’Annecy en 2020. 

Quelle place donner à la concertation avec les usagers ?

Parfois considérée comme une contrainte ou une perte de temps, la concertation avec les usagers est un formidable levier pour mieux répondre à leurs besoins et à leurs attentes. 

En impliquant les usagers dans la construction de vos plans d’équipement et de maintenance des feux sonores, vous gagnerez en sérénité. D’une part, ceux-ci vous feront part de leurs besoins les plus urgents, ce qui vous permettra de prioriser facilement les équipements. D’autre part, le fait de partager avec eux vos contraintes techniques et financières vous aidera à prévenir d’éventuels conflits. Enfin, les usagers seront de précieux alliés pour vous informer des dysfonctionnements relevés sur le terrain. N’hésitez pas à leur mettre à disposition un numéro de téléphone et une adresse électronique pour communiquer facilement avec vos services.

Le moyen le plus simple de trouver les bons interlocuteurs est de vous tourner vers les membres composant la commission communale ou intercommunale pour l’accessibilité (CCA ou CIA). Pour rappel, cette commission est obligatoire dans toutes les communes ou intercommunalités de plus de 5000 habitants.

Parmi les villes ou métropoles qui ont mis la concertation avec les usagers au cœur de leur processus de décision, nous pouvons citer Lyon, Montpellier, Bayonne, Bourg-en-Bresse, Annecy, et beaucoup d’autres encore. Toutes en ont fait un facteur clé de succès.

Comment installer un feu sonore ?

Les répétiteurs sonores se présentent sous deux formes distinctes :

  • Une carte électronique à intégrer dans toutes les figurines R12 ou R25 pré-équipées disponibles chez les fabricants de signalisation tricolore ou
  • Un boitier externe équipé d’un haut-parleur à fixer sur le mât du feu tricolore.

L’installation consiste à raccorder les câbles de la phase rouge, de la phase verte et du neutre au bornier 3 points. Il suffit de plugger ensuite le connecteur à l’emphase du module.

Figurine piéton rouge

Quelques conseils pour l’implantation des feux sonores sur une traversée piétonne

L’implantation des supports de signalisation peut selon les cas améliorer ou dégrader la perception des signaux sonores par les piétons aveugles ou malvoyants. Elle revêt également une importance capitale dans la compréhension et l’interprétation de la géométrie du carrefour.

Le CEREMA, après avoir mené des études sur le terrain avec des personnes déficientes visuelles, a établi un certain nombre de préconisations que voici.

Proximité du répétiteur sonore

Le support du répétiteur sonore doit se situer au plus près du point de départ de la traversée piétonne, à savoir de la bande d’éveil de vigilance qui le matérialise au sol. Lorsque plusieurs signaux sonores sont audibles depuis un même point, les usagers déficients visuels cherchent à toucher le support pour se rassurer et éviter les confusions. 

Séparation des passages piétons et des supports de signalisation

Le risque de confusion entre les signaux sonores est maximisé lorsque les passages piétons sont trop proches les uns des autres. Il est donc important de séparer autant que possible les entrées des passages piétons et de positionner les supports de signalisation de manière à ce qu’ils se situent à proximité de la traversée qu’ils commandent tout en étant éloignés les uns des autres. 

L’élargissement des trottoirs au niveau des passages piétons, parfois appelés « oreille de Mickey », permet d’atteindre cet objectif sans détourner les piétons de leur cheminement naturel. Par ailleurs, le positionnement des supports de signalisation du côté externe de l’intersection est une bonne pratique à retenir aussi souvent que possible. 

Dans le cas d’une traversée piétonne avec refuge

Pour rappel, la création d’un îlot refuge est la règle lorsque la longueur d’une traversée piétonne est supérieure à 12 mètres ou lorsque les flux de circulation sont désynchronisés. Un îlot refuge peut être droit, en baïonnette, ou triangulaire. 

Des signaux pour les piétons doivent alors être implantés sur l’îlot refuge. Afin de limiter le risque de confusion, il faudra veiller à bien éloigner les répétiteurs sonores l’un de l’autre et positionner les couples de répétiteurs d’une même traversée strictement face à face, de manière à créer un « couloir sonore ». Au niveau de l’îlot, les répétiteurs sonores seront donc alternés, par exemple à gauche pour la première partie de la traversée et à droite pour la deuxième.

Pour des raisons de sécurité, il est important que le couple de répétiteurs commandant une même traversée soit activé simultanément. A l’inverse, le non fonctionnement de l’un des répétiteurs doit entraîner la désactivation de l’autre. La synchronisation de deux répétiteurs peut être obtenue par un lien filaire entre les deux ou par une connexion radio. Cette dernière option est sans aucun doute la moins coûteuse et offre un excellent niveau de fiabilité.

Dans tous les cas, il est important de garder à l’esprit que le fonctionnement et l’implantation des signaux sonores pour les piétons aveugles ou malvoyants sont des sujets étroitement liés à l’aménagement des carrefours pour tous les piétons. Une mise en accessibilité réussie de la voirie pour les personnes déficientes visuelles nécessite donc une approche globale, en particulier dans le cas des carrefours complexes.

Qu’est-ce qu’un couloir sonore ?

L’expression « couloir sonore » désigne le fait de créer un guidage sonore tout au long d’une traversée piétonne. Le couloir sonore est réalisé en positionnant les modules sonores face à face sur une même ligne. Ainsi, les usagers aveugles ou malvoyants ne risquent pas de dévier du passage piéton. 

Trois critères sont à prendre en compte pour la bonne réalisation d’un couloir sonore :

  • Placer les répétiteurs sonores sur une ligne ceinturant le carrefour du côté externe des passages piétons,
  • Programmer les répétiteurs sonores d’une même traversée de manière à ce qu’ils se déclenchent simultanément,
  • Orienter l’émission sonore en direction du passage piéton.

Schéma d'un couloir sonore

Ce système permet d’améliorer la sécurité sur les traversées piétonnes. Mais il est d’autant plus indispensable sur les traversées complexes entrecoupées d’îlots refuges ou les chaussées multiples où se côtoient circulation automobile, tramway, bus, voies cyclables, etc. Il est recommandé d’avoir recours à un spécialiste pour la réalisation d’un couloir sonore afin de définir la bonne implantation des feux, le réglage des volumes sonores et le contenu des messages diffusés.

Le principe du couloir sonore est utilisé avec satisfaction dans la ville de Montpellier depuis plusieurs années.

Comment paramétrer correctement un feu sonore ?

Les fabricants de modules sonores pour feux piétons mettent à disposition des outils de paramétrage sans fil, permettant d’agir sur la carte électronique sans avoir à ouvrir le boitier. Vous pourrez ainsi ajuster tous les paramètres de chaque feu sonore en fonction du carrefour où il est installé. Les paramètres sur lesquels vous pourrez avoir la main sont les suivants :

  • La personnalisation du message diffusé sur la phase « rouge piéton » (nom de la rue, présence d’un îlot, traversée en deux temps…),
  • L’activation de la sonorité de début de vert, parfois appelée jingle, au début de la phase « vert piéton »,
  • Le volume sonore de diffusion des messages,
  • La durée maximum d’un cycle,
  • L’asservissement au bruit ambiant (si disponible sur ce matériel),
  • La synchronisation des modules sonores d’une même traversée (si disponible sur ce matériel).

Voyons maintenant quelles sont les préconisations pour chacun de ces paramètres.

Contenu des messages diffusés par les signaux R12

Un message sonore est associé à chaque phase lumineuse d’un feu.

Pendant la phase verte, un message sonore codé est émis pendant toute la durée du signal lumineux. Ce son de cloche, appelé « sonorité normale de vert » est défini par la norme NF S32-002.

Il peut être précédé d’un court jingle appelé « sonorité de début de vert ».

Pendant la phase rouge, un message verbal est émis. Il débute obligatoirement par la locution « Rouge piéton », suivie de l’indication géographique comme le nom de la rue à traverser. Ce message peut être répété plusieurs fois pendant la durée de cette phase.

Contenu des messages diffusés par les signaux R25

Contrairement aux signaux R12, les signaux R25 ne donnent jamais la priorité aux piétons et ne comportent donc pas de phase verte. Ils connaissent trois états différents :

  • Mode non-rouge (feu éteint),
  • Mode rouge et
  • Mode dégradé.

 Seuls les messages sonores conformes aux messages originaux numériques conservés par le bureau de normalisation des transports, des routes et de leurs aménagements (BNTRA) peuvent être émis. 

  • En mode non-rouge : Le signal émet une sonorité électronique brève qui indique aux usagers le bon fonctionnement du feu et son état non-rouge, à savoir la possibilité de traverser.
  • En mode rouge : Le signal émet le message « Stop piéton » suivi du type de véhicules circulant sur cette voie, à savoir : « tramway », « bus », « train » ou « tram-train. »
  • En mode dégradé : Le signal reste silencieux.

Personnalisation des messages sonores

Seul le message rouge d’un signal piéton R12 peut être personnalisé. Non seulement il peut, mais c’est même une obligation réglementaire. La locution (rouge piéton » doit être complétée par le nom de la voie sur laquelle le dispositif sonore est implanté. Ceci permet aux personnes aveugles ou malvoyantes de se localiser plus facilement, de distinguer clairement deux traversées piétonnes et ainsi d’éviter les confusions.

Le nom de la rue peut être complété d’indications précisant la physionomie de la traversée piétonne : « îlot central, traversée en deux temps, en trois temps… ». Cette fois, ces indications sont facultatives. Elles sont cependant très utiles aux usagers déficients visuels pour aborder les traversées complexes.

Voici quelques exemples de messages pour la phase rouge :

  • « Rouge piéton, rue de la République. »
  • « Rouge piéton, boulevard de la Liberté. Traversée en deux temps. »
  • « Rouge piéton, place de l’Egalité, Nord. »

En cas de doute ou d’ambiguïté sur l’indication géographique à spécifier, il est recommandé de solliciter les représentants locaux des personnes handicapées visuelles (associations ou habitants).

A noter que tout message verbal à caractère publicitaire est interdit.

Répétition du message sur la phase rouge

Afin de fournir une information continue aux usagers aveugles ou malvoyants, il est possible de répéter le message pendant toute la durée de la phase rouge. Si ce choix est fait, il faudra veiller à ce que les répétitions soient espacées de 3 à 5 secondes de silence pour conserver un effet rassurant.

Activation de la sonorité de début de vert

Selon la norme NF S32-002, la sonorité de début de vert est facultative. Nous vous recommandons cependant de l’activer systématiquement. Ce jingle marque en effet particulièrement bien le passage du rouge au vert. C’est pour les piétons le moment le plus sûr pour traverser la rue. En débutant leur traversée au tout début de la phase verte, ils sont certains d’avoir le temps de la terminer en sécurité. Par ailleurs, la directivité de la sonorité de début de vert et son émergence dans le bruit urbain sont excellentes. 

Réglage du volume sonore des répétiteurs

Selon la norme NF S32-002, le niveau sonore des répétiteurs de feux piétons doit se situer entre 35 et 81 dB(A). Pour assurer l’audibilité du signal sonore dans le bruit urbain, nous vous recommandons cependant d’appliquer un réglage entre 70 et 75 dB(A). Celui-ci peut descendre à 60 dB(A) dans les espaces calmes uniquement, ce qui correspond au volume d’une conversation parlée. Plus bas, le signal sonore risquerait de n’être pas perceptible par les usagers, en particulier ceux qui cumulent déficience visuelle et auditive. 

Autre précaution : régler la sonorité normale de vers 6 dB(A) en dessous du message rouge parlé. Ceci permet d’assurer un équilibre des pressions acoustiques entre le message vocal diffusé sur la phase rouge et le son de cloche diffusé sur la phase verte.

A noter que le son émis dans l’espace public ne doit pas excéder 81 dB(A).

Durée maximum d’un cycle de fonctionnement

Elle est fixée à 180 secondes.

Un cycle de fonctionnement correspond à l’enchaînement de deux phases complètes : rouge piéton et vert piéton. Lors de l’activation du dispositif par télécommande, application smartphone ou bouton poussoir, le signal sonore correspondant à la phase en cours est joué immédiatement. La durée d’activation comprend alors les secondes restantes de la phase en cours puis un cycle de fonctionnement complet.

Pour limiter les nuisances sonores dans les cas où la phase verte n’est activée que par bouton d’appel piéton, la durée maximale de fonctionnement est fixée à 180 secondes en l’absence de nouvelle activation.

 

Asservissement au bruit ambiant

Les paramètres d’asservissement agissent sur le réglage du volume de diffusion en fonction du bruit ambiant. Le module sonore mesure le bruit ambiant en continu et modifie automatiquement la puissance du volume si nécessaire. 

Si l’option d’asservissement au bruit ambiant est activée, vous devrez paramétrer les écarts de volumes en dB.

Synchronisation des modules sonores

La synchronisation des modules sonores concerne les signaux situés sur une même traversée piétonne. Cette option a pour objectif de créer un couloir sonore de manière à guider les piétons aveugles ou malvoyants tout au long de leur traversée.

Lors du paramétrage, il faudra appairer les modules sonores d’une même traversée entre eux.

Comment organiser la maintenance de vos feux sonores ?

Selon la réglementation accessibilité, il ne suffit pas d’équiper vos feux tricolores d’un système technique de répétition sonore. Ces équipements doivent être maintenus en bon état de fonctionnement. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de bien organiser la maintenance préventive et curative.

La maintenance préventive

Nous avons vu plus haut comment établir un diagnostic de votre parc de répétiteurs sonores. Les mêmes points sont à contrôler régulièrement lors des tournées de maintenance : équipement de la figurine, bon fonctionnement de la carte électronique, du récepteur radio et du haut-parleur, conformité des messages, volume sonore.

En complément de ces vérifications, il est bien sûr essentiel de contrôler les autres points relatifs à l’installation des feux de signalisation lumineuse, à commencer par la qualité des installations électriques, pour prévenir les risques de défauts. Les installations électriques des carrefours à feux doivent être conformes à la norme NF EN 50556 (septembre 2011) : système de signaux routiers. Ce document traite des aspects électriques concernant l’ensemble des équipements de carrefours à feux, des essais relatifs à ces exigences et de la tenue aux conditions environnementales.

Les carrefours à feux comportant une voie de tramway sont particulièrement sensibles en raison de la proximité de câbles haute tension avec des câbles basse tension. Il est donc très important d’améliorer les problématiques d’alimentation électrique et de protéger les circuits des parasites. 

Une vérification minutieuse des tensions en bout de lignes doit être systématiquement réalisée dans le cadre de toute nouvelle installation.

Enfin, les équipements installés sur le carrefour : supports, signaux, armoires de rue, contrôleurs… doivent être conçus de manière à ne pas laisser pénétrer l’eau et la poussière. La visserie et l’état des câbles doivent être régulièrement contrôlés.

Prenons l’exemple de la ville de Bayonne. En plus de la vérification des contrôleurs des carrefours à feux deux fois par an, des tournées sont organisées chaque mois pour contrôler les signaux lumineux et les répétiteurs sonores associés. Depuis qu’elle a atteint 100% de son parc équipé de feux sonores, la ville consacre un budget annuel constant au remplacement des modules sonores les plus anciens. Ceci permet de prévenir les pannes tout en bénéficiant des nouvelles fonctionnalités. 

La maintenance curative

Contrairement aux signaux lumineux, les modules sonores ne fonctionnent que sur activation par les piétons aveugles ou malvoyants. Les éventuelles pannes non détectées lors d’opérations de maintenance préventive risquent de rester longtemps inaperçues. Il est donc essentiel que les usagers puissent facilement alerter les services techniques de la ville en cas de dysfonctionnement constaté sur le terrain. 

De nombreuses villes offrent la possibilité de signaler une panne ou un problème de paramétrage des feux en utilisant un numéro de téléphone dédié ou une plateforme en ligne, voire une application mobile. La maintenance curative est réalisée par les agents des services techniques de la ville ou un prestataire externe selon les cas. Les fabricants de feux sonores mettent à disposition des outils mobiles permettant de régler les paramètres des modules sans avoir à ouvrir le boitier de la figurine « piéton ». 

Quels sont les outils de déclenchement des feux sonores destinés aux usagers aveugles ou malvoyants ?

Le système de feux sonores normalisé en France fonctionne uniquement à la demande des usagers. C’est une originalité en comparaison des systèmes de feux sonores permanents très répandus à travers le Monde. Le déclenchement par activation présente l’avantage de limiter les nuisances sonores pour les riverains. 

Les outils de déclenchement disponibles en France sont au nombre de trois :

Un répétiteur sonore doit obligatoirement pouvoir être déclenché par la télécommande normalisée. Le déclenchement par bouton poussoir ou application mobile est optionnel. Ainsi, un feu sonore peut combiner deux ou trois modes de déclenchement différents, de manière à répondre aux préférences des usagers.

La télécommande norme NF S32-002

C’est l’outil de déclenchement indispensable pour tous les piétons aveugles ou malvoyants. Selon une étude de 2014 menée par l’Institut de la Vision, 96% des personnes déficientes visuelles en étaient équipées. Il s’agit d’un simple émetteur radio, facile à utiliser et peu coûteux. Toutes les villes équipées de feux de signalisation devraient mettre en place un circuit de distribution de ces télécommandes universelles à leurs habitants qui en font la demande. Cette démarche garantit une égalité d’accès à la signalisation routière, un outil incontournable pour la sécurité des piétons.

Les télécommandes peuvent être mises à disposition dans les mairies sur présentation d’un justificatif de domicile et d’une preuve du handicap visuel du demandeur (carte Mobilité-Inclusion, carte d’invalidité ou certificat médical).

La télécommande d’activation des feux sonores doit avoir une fréquence d’émission centrée sur 868,3 MHz. Les caractéristiques d’émission sont décrites dans la norme NF S32-002. L’activation est appelée « lien de transmission d’interopérabilité ».

La télécommande est ainsi compatible avec tous les équipements d’accessibilité sonores. Ces équipements incluent les feux sonores de tous les fabricants, mais aussi les balises sonores de localisation et d’information utilisées dans les bâtiments ou les transports.

Le bouton de la télécommande doit comporter un témoin sonore ou tactile pour valider le bon fonctionnement de l’alimentation. Certaines télécommandes NF S32-002 disponibles sur le marché comportent des options complémentaires au simple déclenchement manuel :

  • Un mode de déclenchement automatique,
  • Un haut-parleur pour un retour sonore sur la télécommande (uniquement compatible avec certains matériels).

Le bouton poussoir

L’activation d’un feu sonore peut se faire par bouton poussoir fixé sur le mât du feu en complément de l’activation par télécommande. Le bouton poussoir présente l’avantage d’être disponible en permanence, y compris pour les usagers ne possédant pas de télécommande NF S32-002. Il est cependant difficile à localiser pour les personnes handicapées visuelles qui n’ont pas connaissance de sa présence. La présence d’un bouton poussoir peut aussi être la cause de nuisances sonores lorsqu’il est actionné de manière intempestive. La ville de Paris continue d’installer des feux sonores munis de bouton poussoir en raison de sa forte fréquentation par des visiteurs étrangers.

Le boitier comprenant le bouton poussoir doit répondre aux caractéristiques suivantes :

  • Être fixé au mât du feu de signalisation à une hauteur comprise entre 0,90 m et 1,30 m ;
  • Être visuellement contrasté par rapport à son environnement immédiat ;
  • Être facilement identifiable, par exemple grâce au pictogramme représentant la silhouette d’une personne aveugle avec une canne blanche ;
  • Ne pas comporter d’arêtes vives pour éviter que les usagers se blessent en tâtonnant à sa recherche ;
  • Être résistant à la corrosion ;
  • Pouvoir être actionné manuellement et ne pas requérir de force supérieure à 10 N pour l’activation ; 
  • Être positionné sur son boîtier de façon à limiter le dépôt de salissures, dommageables lors de sa manipulation.

Le bouton poussoir d’activation du répétiteur sonore peut être combiné avec le bouton d’appel d’un feu piéton.

L’application smartphone MyMoveo

La télécommande NF S32-002 est un outil de déclenchement plébiscité par les usagers déficients visuels en raison de sa facilité d’utilisation et de son faible coût. Elle présente néanmoins des limites en termes de fonctionnalités. C’est pour répondre à un public de personnes déficientes visuelles toujours plus technophiles que la société Okeenea a développé l’application smartphone MyMoveo. Celle-ci permet, tout comme la télécommande, de déclencher les feux et les balises sonores en utilisant une connexion Bluetooth. Mais elle offre des options de personnalisation qui permettent d’aller plus loin :

  • Une sélection du module sonore ou de la traversée piétonne à déclencher pour éviter la surcharge cognitive liée au déclenchement simultané de tous les modules ;
  • Le choix du volume sonore préféré : faible pour plus de discrétion ou fort pour une meilleure audibilité ;
  • Le choix de la langue des messages lorsque plusieurs langues sont paramétrées.

L’activation des feux sonores en Bluetooth par application smartphone ne figure pas encore dans les normes en vigueur à ce jour. Elle tend cependant à se développer pour répondre à de nouveaux usages.

Le smartphone, une révolution pour les personnes aveugles et malvoyantes !

Comment équiper un carrefour complexe en feux sonores ?

L’équipement d’un carrefour complexe en feux sonores peut être à l’origine de confusions pour les usagers déficients visuels. Du fait que la télécommande radio NF S32-002 ne choisit pas sa cible, tous les modules sonores se déclenchent simultanément. Faire le tri parmi les différentes informations sonores demande une grande capacité de concentration et de spatialisation. Il existe alors un risque d’erreur important.

carrefour, suppression feux

On appelle « carrefour complexe » un carrefour qui comporte au moins l’une de ces caractéristiques :

  • Plus de deux rues qui se croisent ;
  • Plus de deux voies de circulation parallèles sur une même chaussée ;
  • Au moins Une voie de circulation réservée aux transports en commun (tramway ou bus à haut niveau de service – BHNS) ;
  • Une ou plusieurs voies cyclables ;
  • Un îlot refuge pour séparer les voies de circulation ;
  • Des phases de feux décalées sur les différentes voies de circulation.

Afin de réduire les risques de confusion et d’améliorer la sécurité des piétons, en particulier de ceux ayant un handicap visuel, plusieurs mesures simples peuvent être mises en œuvre :

  • Placer les mâts des feux piétons au plus près de la traversée matérialisée au sol et de la bande d’éveil de vigilance ;
  • Bien séparer les passages piétons les uns des autres, par exemple en créant des avancées de trottoir aussi appelées oreilles de Mickey ;
  • Créer des couloirs sonores en positionnant les mâts face à face et en orientant l’émission sonore en direction de la traversée afin que celle-ci soit audible tout au long du passage piéton ;
  • Synchroniser tous les modules sonores d’une même traversée de manière à ce qu’ils se déclenchent simultanément ;
  • Soigner le réglage des volumes sonores de manière à ce qu’ils soient homogènes : un volume trop élevé sur un des modules sonores peut compromettre l’audibilité des autres ;
  • Bien appliquer la réglementation qui consiste à indiquer le nom de la rue dans le message « rouge piéton » et compléter l’information en indiquant le nombre de tronçons que comporte la traversée ;
  • Permettre le déclenchement sélectif par application smartphone.

D’autres solutions ont été expérimentées comme la pose de tapis traversants podotactiles dans la ville de Paris. Ceux-ci devraient se généraliser sur tous les carrefours complexes de la capitale.

Comment faire savoir aux usagers que vos feux piétons sont équipés de répétiteurs sonores ?

Contrairement aux autres équipements situés sur la voirie, les feux sonores sont invisibles, à moins qu’ils soient équipés de boutons poussoirs. Les personnes aveugles ou malvoyantes rencontrent par ailleurs de grandes difficultés pour accéder à l’information écrite. Afin de les informer sur l’existence et l’emplacement des feux sonores dans votre villes, les deux moyens les plus efficaces sont les suivants :

  • Communiquer la liste des carrefours équipés de feux sonores sur le site de la commune ou de la communauté de communes : si le site respecte bien les normes d’accessibilité numérique, les personnes aveugles ou malvoyantes pourront facilement consulter cette liste.
  • S’appuyer sur les associations locales représentant les personnes déficientes visuelles : les associations pourront relayer l’information auprès de leurs adhérents ou bénéficiaires en utilisant des médias adaptés aux handicap visuel (enregistrement audio, impression braille, document numérique, etc.).

Notre article Comment communiquer efficacement sur vos feux sonores : des exemples de villes à copier vous aidera à voir ce que vous pouvez mettre en place.

Même si les médias traditionnels ne sont pas accessibles aux personnes déficientes visuelles, il ne faut pas les négliger. Les proches, famille, collègues ou amis, peuvent jouer un rôle important dans le relais de l’information.

Dans les années à venir, les applications GPS et autres calculateurs d’itinéraires devraient intégrer les données concernant la présence de feux sonores. La loi d’orientation des mobilités (LOM) de 2019 a en effet rendu obligatoire la collecte des données d’accessibilité pour toutes les villes. Certaines villes comme Paris ont commencé à mettre à disposition la liste des feux sonores en open data. 

Quels sont les principaux textes réglementaires concernant les feux sonores R12 et R25 ?

De nombreux textes législatifs, réglementaires et normatifs régissent les répétiteurs sonores de feux piétons à l’usage des personnes aveugles ou malvoyants. Nous vous offrons ici un récapitulatif des principaux textes à connaitre et de leurs implications sur l’aménagement de la voirie.

La loi du 11 février 2005, dite aussi « loi handicap », est le texte fondateur, dont découlent l’ensemble des décrets et arrêtés applicables aujourd’hui. Cette loi vient remplacer la loi sur le handicap de 1975, dont l’application n’a été que très partielle. Elle impose la mise en accessibilité de la voirie dans le cadre de la mise en accessibilité globale de la chaîne du déplacement. C’est ce texte qui introduit l’obligation de mettre en place un plan de mise en accessibilité de la voirie et des aménagements des espaces publics (PAVE).

  • Décret n°2006-1657 du 21 décembre 2006 relatif à l’accessibilité de la voirie et des espaces publics.
    Ce décret fixe le cadre d’application des règles qui visent à rendre la voirie et les espaces publics accessibles aux personnes handicapées avec la plus grande autonomie possible. 
  • Décret n°2006-1658 du 21 décembre 2006 relatif aux prescriptions techniques pour l’accessibilité de la voirie et des espaces publics.
    Ce décret définit les prescriptions techniques pour la mise en accessibilité de la voirie et des espaces publics. Il dispose entre autres que : « les feux de signalisation lumineuse équipant les passages pour piétons comportent un dispositif permettant aux personnes aveugles ou malvoyantes de connaître les périodes durant lesquelles il est possible de traverser les voies de circulation. »
  • Arrêté du 15 janvier 2007 portant application du décret n° 2006-1658 du 21 décembre 2006 relatif aux prescriptions techniques pour l’accessibilité de la voirie et des espaces publics, modifié par l’arrêté du 18 septembre 2012.
    Cet arrêté précise les prescriptions techniques du décret n° 2006-1658 du 21 décembre 2006. Concernant les dispositifs sonores associés aux feux de signalisation, il renvoie à l’article 110-2 de l’IISR.
  • Arrêté du 23 septembre 2015 relatif à la modification de la signalisation routière en vue de favoriser les mobilités actives. 
    Cet arrêté complète les indications que doivent contenir les messages diffusés par les répétiteurs sonores sur la phase « rouge piéton ». Il impose l’ajout de la localisation géographique, soit en pratique le nom de la voie traversée.
  • Arrêté du 2 avril 2012 modifiant l’arrêté du 24 novembre 1967 relatif à la signalisation des routes et des autoroutes.
    Cet arrêté rend obligatoire l’installation de répétiteurs sonores sur les signaux R25 et précise le contenu des messages associés. 
  • Normes NF S32-002 – Dispositifs répétiteurs de feux de circulation à l’usage des personnes aveugles ou malvoyantes.
    Cette norme a pour objet de définir les fonctionnalités des répétiteurs sonores et tactiles à l’usage des personnes non voyantes et malvoyantes. Elle définit également les caractéristiques sonores et tactiles que ces répétiteurs doivent émettre. Cette norme ne traite pas de l’implantation et de l’installation de ces systèmes, des sécurités fonctionnelles, des conditions d’alimentation et de sécurité électriques et des modalités d’essais.
  • Norme NF S32-002/A1 – Dispositifs répétiteurs de feux de circulation à l’usage des personnes aveugles ou malvoyantes – R25.

Cette norme complète la norme NF S32-002 en précisant les caractéristiques applicables aux répétiteurs sonores de signaux lumineux R25 sur les voies de tramway et bus à haut niveau de service (BHNS).

Comment assurer la sécurité des piétons aveugles ou malvoyants malgré la suppression des feux de signalisation ?

Après un demi-siècle d’hégémonie automobile, les villes et métropoles remettent en question la place des carrefours à feux. Avec plus de 10 000 accidents par an se produisant sur des carrefours équipés de signalisation lumineuse, les chiffres d’accidentologie montrent qu’ils ne sont nullement un gage de sécurité. Par ailleurs, ils génèrent souvent des temps d’attente inutiles aussi bien pour les véhicules que pour les piétons, et favorisent des conduites dangereuses lorsque leur implantation n’est pas justifiée. Les villes du XXIe siècle ont aussi à cœur de favoriser les mobilités actives et les services de transports collectifs. Dans ce contexte, de nombreux carrefours à feux disparaissent au profit de nouveaux aménagements : plateaux surélevés, modification du régime de priorité (priorité à droite, priorité aux transports en commun…), carrefours giratoires… 

Mais cette suppression des feux de circulation n’est pas sans conséquences pour les piétons, en particulier les piétons aveugles ou malvoyants ! En raison de leurs difficultés à lire et comprendre leur environnement, ajoutées à l’impossibilité d’établir un contact visuel avec les autres usagers de la route, la suppression des signaux lumineux et de leurs répétiteurs sonores crée un sentiment de vulnérabilité et d’insécurité. Les piétons déficients visuels sont alors privés de repères et d’informations indispensables à leur autonomie de déplacement. 

Un piéton aveugle traverse la rue

De nombreuses villes, comme Paris, Lyon, Grenoble ou Bordeaux, sont déjà engagées dans la démarche de supprimer des feux tricolores sur les carrefours où ceux-ci sont jugés peu utiles. Loin de faire partie d’une politique systématique, les décisions se prennent au cas par cas, après une étude du contexte urbain. Les critères suivants sont pris en compte : nombre de véhicules, vitesse moyenne, nombre de piétons et cyclistes, visibilité, etc. La dépose des feux s’accompagne de mesures compensatoires pour garantir la réduction de la vitesse des véhicules et sécuriser les piétons : plateaux surélevés, agrandissement des trottoirs, oreilles de Mickey, îlots refuges, suppression du mobilier urbain risquant de masquer les piétons.

Afin que cette suppression des feux ne pénalise pas les piétons aveugles ou malvoyants, plusieurs villes ont installé des balises sonores au niveau des traversées piétonnes. Ces balises sonores, décorrélées des signaux lumineux, font office de points de repère. Elles permettent de transmettre de l’information concernant le nom de la rue et la configuration de la traversée. 

C’est le cas à Rouen, où des feux tricolores ont été supprimés pour fluidifier la circulation du bus à haut niveau de service TEOR. Pour ne pas laisser les personnes aveugles et malvoyantes sans solution, la Métropole Rouen-Normandie a installé des signaux sonores adaptés aux carrefours sans feux. Ceux-ci sont activables grâce à la télécommande des feux et délivrent un message verbal de localisation. Même chose dans la Métropole de Lyon sur la place Albert Thomas, dite place du Totem, qui marque le passage de Lyon à Villeurbanne. Cette place traversée par le bus à haut niveau de service C3 a fait l’objet d’un réaménagement en carrefour giratoire, impliquant la suppression des feux tricolores. Mêmes causes, mêmes effets, les piétons déficients visuels ont perdu leurs repères du jour au lendemain. Aujourd’hui, cette place est également équipée de balises sonores pour localiser l’emplacement des traversées piétonnes. 

Balise sonore installée à un carrefour sans feux

D’autres fonctions innovantes pour les feux sonores

Les personnes aveugles ou malvoyantes ne sont pas les seules à courir des risques lors de leurs déplacements à pied. Le nombre de piétons victimes d’accidents ne cesse d’augmenter, notamment en raison de la surutilisation des smartphones qui monopolisent l’attention de leurs utilisateurs. Les piétons deviennent alors des « smombies », mot formé par la contraction de « smartphone » et « zombie ». Les derniers chiffres du baromètre du numérique nous apprennent que 77% des Français possèdent un smartphone, ce qui nous donne une idée de l’ampleur du phénomène.

Les accidents causés par les smombies sont devenus tellement fréquents dans le monde que certaines villes ont déjà pris des mesures drastiques pour les empêcher. Interdiction d’utiliser son téléphone en marchant, trottoirs réservés aux smombies, avertisseurs lumineux au sol… sont quelques exemples des initiatives mises en place.

En France, sur le carrefour Aristide Briand à Mantes-la-Jolie, ce sont les feux sonores qui alertent les distraits du smartphone à l’approche d’une traversée piétonne. Grâce à l’application AMY développée par la RATP, ceux-ci sont alertés par une notification visuelle, un son ou une vibration dès qu’ils s’apprêtent à traverser au rouge. Le principe est simple : ce sont les haut-parleurs des feux sonores qui émettent en continu des ultrasons pendant toute la durée de la phase « rouge piéton ». Le micro des smartphones équipés de l’application AMY capte ses ultrasons, ce qui permet de déclencher l’alerte.

Ainsi, les feux sonores ne sont plus réservés aux seules personnes aveugles ou malvoyantes mais trouvent leur utilité pour tous les piétons.

L’histoire des feux sonores

C’est un siècle d’évolution ! Le feu de circulation est né à Londres le 10 décembre 1968. Mais une explosion due à la présence de gaz pour alimenter la flamme met rapidement fin à son existence. Il faut attendre l’avènement de l’électricité pour revoir apparaitre des feux de signalisation. C’est la ville de Cleveland, aux Etats-Unis, qui assiste à la naissance du premier feu de signalisation alimenté par cette énergie. Celui-ci est bicolore, avec déjà les couleurs rouge et vert pour interdire ou autoriser le passage. A noter que ce premier feu de signalisation électrique était sonore ! Non pas pour permettre aux personnes aveugles ou malvoyantes de traverser la rue en sécurité, mais pour alerter les automobilistes encore peu habitués à la signalisation lumineuse.

Les premiers feux sonores à destination des personnes déficientes visuelles apparaissent aux Etats-Unis dans les années 1920. Ils se situent à proximité des établissements accueillant les personnes aveugles et émettent un son de cloche lorsqu’il est possible de traverser la rue. Ils restent cependant très peu répandus et il faut attendre les années 1960 pour que le système se développe de manière plus systématique.

C’est au Japon qu’apparaît le système de feu sonore aujourd’hui le plus présent dans le Monde. Pendant toute la phase verte du feu piéton, un chant d’oiseau se fait entendre. Le système se développe largement aux Etats-Unis dans les années 70. C’est alors le chant du coucou qui est retenu pour les rues orientées Nord-Sud et un gazouillement de moineau pour les rues orientées Est-Ouest. D’autres systèmes apparaissent en parallèle en Europe et en Australie. 

Mais les feux sonores qui émettent simplement un son sur la phase verte montrent rapidement leurs limites. Ils causent des nuisances pour les riverains car ils fonctionnent en permanence. Et pour les usagers aveugles ou malvoyants, ces feux sont difficiles à localiser et ne fournissent pas d’informations suffisantes.

Au début des années 90 apparaissent les premiers systèmes d’activation. Alors, les feux sonores ne parlent plus en permanence mais uniquement à la demande des personnes qui en ont besoin, une petite révolution ! Des feux sonores à activation par bouton poussoir voient le jour en Europe et en Australie avant de s’exporter aux Etats-Unis. C’est aussi l’époque où se développent des systèmes tactiles : boitiers vibrants en Suisse et cônes tournants au Royaume-Uni. Tous ces systèmes représentent un progrès en ce qui concerne la pollution sonore mais continuent de poser des problèmes de localisation pour les piétons aveugles ou malvoyants. Sans compter que la manipulation de ces boutons poussoirs ou systèmes tactiles ne sont pas très hygiéniques.

Alors que la France ne compte au début des années 1990 que quelques feux sonores installés à titre expérimental sur des carrefours très fréquentés, la société EO GUIDAGE invente le premier feu sonore radiocommandé en 1993. Les usagers peuvent alors activer le feu sonore à distance à l’aide d’une télécommande. Ce système devient rapidement plébiscité par les associations de personnes déficientes visuelles et fait l’objet d’une norme AFNOR en 2002. La norme permet d’harmoniser les caractéristiques techniques des répétiteurs sonores des différents fabricants et définit une fréquence d’activation uniforme. Vingt ans après l’homologation de la norme, plus de 250 000 feux sonores jalonnent le territoire français.

La norme NF S32-002 est régulièrement révisée pour intégrer les évolutions technologiques. La massification de l’utilisation du smartphone tout au long de la décennie 2010-2020 ouvre de nouvelles perspectives d’usage aussi bien en France que dans le reste du Monde. Les technologies sans fil permettent aussi d’envisager le paramétrage des feux sonores à distance et selon des plages horaires prédéfinies.

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Les feux sonores dans le Monde

Comme nous l’avons vu dans la partie précédente, les feux sonores se sont développés dans de nombreux pays du Monde. La plupart des systèmes fonctionnent de la même manière, à savoir qu’un son est émis pendant toute la durée de la phase où les piétons sont autorisés à traverser la rue. Mais il existe des particularités selon les pays. En voici quelques exemples.

Les feux sonores aux Etats-Unis

Dès les années 1920, des feux sonores sont apparus aux Etats-Unis à proximité des établissements spécialisés pour les personnes aveugles ou malvoyantes. Ceux-ci ont commencé à se généraliser dans les années 1960, suivant le modèle japonais qui proposait deux types de sonorités : un coucou ou un gazouillement selon l’orientation de l’axe routier à traverser. On trouve cependant aux Etats-Unis une grande diversité de signaux sonores d’un Etat à l’autre, et même à l’intérieur d’un même Etat, voire d’une même ville.

En 1990, la loi américaine pour les personnes ayant un handicap (ADA) a rendu obligatoire l’installation de signaux sonores à chaque fois qu’un carrefour est équipé d’une nouvelle signalisation lumineuse. En pratique, l’installation de signaux sonores se fait en réponse à la demande des personnes déficientes visuelles ou instituts de rééducation et en fonction des caractéristiques du carrefour : importance des flux de circulation, géométrie de l’intersection, complexité, etc.

Les dernières directives concernant l’installation de feux sonores datent de 2009. Les signaux doivent être activables par bouton poussoir ou grâce à un détecteur de présence des piétons. Le haut-parleur est intégré au niveau du boitier comportant le bouton poussoir. Il diffuse en permanence un bip de localisation permettant aux piétons déficients visuels de localiser le mât. Une fois le bouton poussoir activé, le haut-parleur diffuse l’information sur la couleur du feu. Le nom de la rue traversée peut être indiqué en braille ou en relief. Un plan tactile représente parfois la configuration du carrefour.

Feux sonores à New York

A New York, 75 nouveaux feux sonores sont installés chaque année. Le rythme a été doublé en 2019 avec la mise en application du plan Vision Zero, qui vise à supprimer totalement la mortalité des piétons dans les rues. 

Les feux sonores au Canada

Les feux sonores sont apparus au Canada dans les années 1980. En raison de l’organisation fédérale du pays, on trouve de grandes disparités selon les provinces. 

La « loi canadienne sur l’accessibilité », votée le 21 juin 2019, compte parmi ses principes fondateurs : « le droit de toute personne à un accès exempt d’obstacles et à une participation pleine et égale dans la société, quels que soient ses handicaps ». Mais il n’existe pas d’obligation d’équipement concernant les feux sonores. La ville de Montréal compte 2300 carrefours à feux et seulement 200 signaux sonores. Les associations de personnes aveugles et malvoyantes se mobilisent pour faire augmenter ce chiffre.

Les « lignes directrices pour la compréhension, l’utilisation et la mise en œuvre des signaux sonores pour piétons », publiées en 2008 décrivent les caractéristiques techniques et les règles d’implantation des signaux sonores sur les feux de signalisation. 

La plupart des feux sonores installés au Canada fonctionnent de manière permanente. Lorsque le feu piéton passe au vert, une mélodie est émise pendant toute la durée de la phase où il est possible de traverser. Cependant, ce système tend à disparaître au profit de l’activation à la demande, de manière à limiter la pollution sonore. Les feux sonores fonctionnant par activation émettent un bip de localisation bref, régulier et permanent. Ce bip permet aux personnes déficientes visuelles de localiser le bouton poussoir servant à l’activation de l’indication sonore sur la phase verte. Selon les cas, il suffit d’appuyer brièvement sur ce bouton ou le laisser enfoncé jusqu’à l’émission d’un bip de confirmation.

Selon les lignes directrices canadiennes, les feux sonores doivent émettre une mélodie lorsque le signal piéton est vert. Pendant la phase rouge et la phase de dégagement, la plupart des signaux restent muets. Le « vert piéton » est signalé par un carillon sur les axes Est-Ouest, et par le son du coucou sur les axes Nord-Sud. 

Pour les traversées longues, le son est émis alternativement de part et d’autre de la chaussée, de manière à ce qu’une personne déficiente visuelle puisse conserver sa direction.

Un message verbal peut être diffusé au niveau du bouton poussoir pendant la phase rouge du feu piéton. Celui-ci indique le nom de la rue et éventuellement des informations sur la géométrie du carrefour propres à faciliter la traversée. Cette mesure est toutefois optionnelle.

D’autres indications peuvent être ajoutées pour améliorer l’information et faciliter l’orientation des personnes aveugles ou malvoyantes :

  • Un panneau indicateur comportant le mode d’emploi du signal sonore,
  • Une flèche tactile indiquant le sens de la traversée,
  • Le nom de la rue en braille et en relief,
  • Un plan en relief indiquant le nombre de voies, les sens de circulation, l’orientation des bordures de trottoirs et la présence d’îlots refuges.

Les feux sonores au Japon

Les feux sonores se sont développés au Japon dans les années 1960. Au début des années 2000, 10 570 carrefours étaient équipés de feux sonores sur les 170 000 que compte le Japon. 

La plupart des feux sonores se présentent sous la forme d’un haut-parleur intégré dans la figurine piéton, qui émet un son pendant la phase verte. Différentes sonorités sont utilisées selon le choix des municipalités. On peut alors entendre en se promenant dans les rues des chants d’oiseaux ou de petites mélodies variées. Certains feux sonores diffusent un message verbal indiquant le nom de la rue. La diversité des sonorités utilisées s’avère parfois déroutante pour les usagers. Les directives nationales préconisent l’alternance du signal sonore de part et d’autre de la traversée. Cette alternance permet aux piétons aveugles ou malvoyants d’identifier clairement la trajectoire du passage pour piétons. La phase de dégagement peut être indiquée par une accélération du signal sonore ou par une sonorité totalement différente.

Sur les carrefours aménagés avec une phase exclusive pour les piétons, le fonctionnement des feux sonores est permanent. Il est généralement interrompu à partir de 20h pour limiter les nuisances sonores auprès des riverains. En revanche, sur les carrefours dépourvus de phase pour les piétons, l’activation du feu sonore se fait à l’aide d’un bouton poussoir. L’activation du bouton poussoir allonge aussi dans certains cas la durée de la phase verte pour les piétons.

Afin de limiter les problèmes de pollution sonore, le système d’activation par émetteur radio ou infrarouge s’est par ailleurs beaucoup développé depuis le début des années 2000. Le système en place permet également de localiser les arrêts de bus et d’obtenir des informations sur les horaires et les conditions de circulation. 

Les feux sonores en Australie

Les feux sonores se sont développés en Australie à partir des années 1980. Ceux-ci sont installés en priorité dans les zones où la circulation automobile est dense. Les feux sonores sont activables par bouton poussoir situé sur le mât du feu. Les mâts sont implantés à proximité directe des passages pour piétons, à l’opposé du centre du carrefour. Les haut-parleurs sont dirigés vers l’axe de la traversée. L’alignement des mâts, associé à l’orientation des haut-parleurs, créent un couloir sonore.

Les boitiers supportant les boutons poussoirs sont munis d’une flèche en relief orientée dans le sens de la traversée, qui vibre lorsque le feu piéton passe au vert. Les boutons poussoirs émettent un bip de localisation qui permet aux piétons aveugles ou malvoyants de les situer dans l’espace.

Le volume sonore des indications est asservi au bruit ambiant. Une sonorité de début de vert est émise à 14 dB(A) au-dessus du volume sonore de la sonorité indiquant le vert. 

Le gros avantage des feux sonores australiens pour les piétons déficients visuels est leur implantation systématique sur la ligne externe du passage piéton, entre 0,50 m et 1 m de la bordure de trottoir. Ceci facilite leur localisation et améliore le guidage tout au long de la traversée grâce à l’orientation du son.

Les feux sonores en Suède

Les feux sonores sont apparus en Suède dans les années 1960 et se sont beaucoup développés dans les centres-villes. Dans les zones moins peuplées, leur installation reste subordonnée à la demande des usagers. 

Il n’existe en Suède pas de norme concernant les répétiteurs sonores de feux piétons. On constate cependant une certaine homogénéité des systèmes installés sur le territoire. Les feux sonores suédois émettent pour la plupart un tic-tac régulier, qui s’accélère pendant la phase « vert piéton ». Ce son diffusé en permanence permet à la fois la localisation du mât et l’information sur la couleur du feu. Les feux piétons sont généralement situés sur la ligne extérieure du passage piéton, à l’opposé du centre du carrefour, à environ 0,5 m de la bordure de trottoir. Le volume sonore s’adapte au bruit ambiant. La plupart des traversées piétonnes sont courtes, séparées par des îlots équipés systématiquement de feux piétons. Une flèche en relief située sur le mât du feu indique le sens de la traversée. La proximité directe du mât avec le passage piéton, toujours du même côté, permet aux usagers de distinguer clairement l’origine du signal sonore et de traverser sans ambiguïté. 

Les feux sonores au Danemark

Au Danemark, les feux sonores se trouvent principalement dans les centres-villes et quartiers d’affaires. Dans les zones moins fréquentées, ils sont installés à la demande des associations de personnes déficientes visuelles. La particularité du Danemark est la présence de nombreuses voies cyclables très fréquentées, souvent légèrement surélevées par rapport à la chaussée. Des signaux sonores spécifiques sont installés pour traverser les voies cyclables.

Traditionnellement, le signal sonore est diffusé par un haut-parleur situé à une hauteur d’environ 1 m. Mais depuis les années 2000, de plus en plus de feux sonores sont équipés d’un bouton poussoir localisable par un bip sonore et d’un haut-parleur en hauteur, dirigé vers l’axe de la traversée. Il existe une norme nationale qui définit les caractéristiques techniques des feux sonores. La sonorité indiquant l’autorisation de traverser la rue s’apparente au bip de localisation mais cinq fois plus rapide. Le volume sonore est automatiquement asservi au bruit ambiant. Selon la norme, le bip de localisation doit être audible à 3 m du poteau. 

La cohérence de l’implantation des mâts est essentielle au Danemark. Ceux-ci ne doivent pas se situer à plus de 0,6 m de la bordure de trottoir et à plus de 0,3 m de la ligne extérieure du passage piéton. En l’absence de signal lumineux à cet emplacement, des mâts spécifiques aux signaux sonores sont installés pour assurer la bonne orientation des piétons aveugles ou malvoyants. 

Comme en Suède, un plan tactile simplifié du carrefour est généralement disponible sur le mât du feu et une barre en relief indique le sens de la traversée.

 

Vous savez maintenant tout ce qu’il y a à savoir sur les feux sonores : leurs fonctionnalités, la réglementation, les stratégies d’équipement, leur maintenance, et même leur histoire et leurs déclinaisons dans le Monde. 

Découvrez un récapitulatif complet de la réglementation concernant les répétiteurs sonores des signaux R12 et R25.

Mis à jour le 6 octobre 2021 / Publié le 12 juillet 2021

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Lise

Lise

Créer une culture commune entre tous les acteurs engagés pour rendre la ville et ses services accessibles à toutes les personnes qui vivent avec un handicap, c’est ce qui m’anime au quotidien !
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