Podcast Série noire pour une canne blanche

Présentation générale de la chaîne

Série noire pour une canne blanche, le podcast qui vous ouvre les yeux sur le handicap visuel.

Une série de podcasts présentée par Lise Wagner, experte en accessibilité chez OKEENEA.

Tous les mois, Lise vous invite à la suivre dans ses aventures. Découvrez au travers de ses récits poignants les défis quotidiens qu’affrontent les personnes qui, comme elle, voient le monde avec leurs mains et leurs oreilles. Elle vous emmènera dans la rue, les transports, les magasins, les hôtels et bien d’autres endroits dont vous n’avez même pas idée. Au programme: frisson, émotion, révolte parfois, mais toujours teintés d’un zeste d’humour.

Comme Lise est une éternelle optimiste, elle ne termine jamais un épisode sans vous prodiguer quelques conseils pour que, vous, à votre niveau, vous puissiez alléger son quotidien et celui de ses compagnons d’infortune. Accessibilité, accueil, comportement, découvrez tout ce que vous devez savoir pour faciliter la vie des personnes aveugles ou malvoyantes, 1,7 million de Français tout de même ! 

Affiche du podcast Série noire pour une canne blanche par Lise Wagner

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Série noire pour une canne blanche est un podcast proposé par OKEENEA, acteur majeur de l’accessibilité aux personnes handicapées. 

Une question sur le handicap ou l’accessibilité ? Retrouvez Lise et tous nos experts sur notre webzine.

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Episode 2 | Les captchas

Transcription Episode 2 | Les captchas

Bonjour à toutes et à tous, je suis Lise Wagner et je vous accueille dans ma Série noire pour une canne blanche.

Série noire pour une canne blanche, c’est le podcast qui vous fait découvrir les défis qu’affrontent quotidiennement les personnes qui comme moi voient le monde avec leurs mains et leurs oreilles.

Aujourd’hui pour ce deuxième épisode, je vous propose un voyage virtuel sur le web au pays des captchas et autres traquenards.

Pour les personnes qui comme moi sommes aveugles ou malvoyantes, faire ses démarches ou ses courses en ligne, c’est une véritable aubaine. On peut alors passer des heures à fouiller les rayons virtuels d’un site de e-commerce, comparer les produits, regarder les compositions, envoyer les pages à ses proches pour avoir un avis sur l’aspect visuel. 

On peut passer des heures à lire les petites lignes des contrats pour ses démarches en ligne, chose qu’on n’oserait jamais demander à quelqu’un à qui on veut du bien. Mais le web est aussi peuplé de petits êtres maléfiques, par exemple les captchas. 

Je ne sais pas si vous savez ce que c’est un captcha. On appelle captcha les suites de lettres ou de chiffres qu’il faut recopier dans un champ d’édition pour pouvoir valider un formulaire. Parfois même c’est une suite d’images. Il faut reconnaître les voitures ou les chats, les chiens, toutes sortes de choses a priori très faciles mais absolument impossibles quand on ne voit pas ou très mal.

Un jour, j’étais prise d’une folle envie de renouveau dans mon appartement. Je me suis donc rendue sur un site d’une marque de bricolage très connue et j’ai rempli mon panier avec tout ce qui me faisait envie : une petite table et des chaises pour mon balcon pour prendre mon petit-déjeuner au soleil, des organiseurs de tiroir, des étagères pour que tout soit bien rangé. Bref un tas de petites choses dont j’avais envie. 

J’y avais passé un certain temps, j’avais bien comparé les articles, les prix, fait le choix des matériaux. Est enfin arrivé le moment de valider ma commande. J’ai donc créé un compte, enfin du moins j’ai essayé. J’ai rempli mon nom, mon prénom, mon adresse, mon numéro de téléphone, mon adresse email, répondu à toutes les questions qu’on me posait et au moment de valider, paf un captcha.

Un captcha, une image avec des lettres, sans doute des chiffres, je ne sais pas, qu’il fallait absolument recopier. Et même si on me demandait très gentiment de bien vouloir recopier les lettres dans le champ d’édition, j’en étais évidemment totalement incapable. 

J’ai bien cherché mais ils n’avaient absolument aucune alternative audio, aucun numéro de téléphone ou service à contacter en cas de problème. Je me suis donc tout simplement résignée : adieu table, chaises, organiseurs de tiroir, étagères et tout ce qui me faisait tellement envie à ce moment-là.

Malheureusement les captchas, c’est encore un système anti-robot que l’on retrouve très souvent sur le web. C’est peut-être un système pensé contre les robots mais ça fonctionne aussi très bien contre les personnes aveugles.

Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai voulu créer un compte sur Wikipédia pour mettre à jour certains articles dans mon domaine d’expertise. Et là j’ai encore été confrontée à la même difficulté. Et oui, Wikipédia, l’encyclopédie libre, collective et universelle, n’est pas ouverte aux personnes aveugles qui voudraient l’enrichir. 

Et là encore, pas moyen de contourner ce satané captcha, pas une alternative audio, pas une adresse mail. Tout simplement une fenêtre pop-up qui vous explique que ce n’est tout simplement pas accessible pour le moment.

Mais ce serait si simple s’il n’y avait que les captchas. Bien d’autres petits êtres maléfiques peuplent le web. Par exemple, des boutons qui ressemblent à de simples textes, des images qui n’ont pas d’équivalent textuel. Ce qui donne par exemple du 9 milliards 536 millions 700 6755 PNGLKB etcetera etcetera. Des champs de formulaire dont le titre n’est pas prononcé, ce qui fait que vous savez que vous pouvez entrer du texte mais vous ne savez pas si c’est votre nom, votre prénom, votre adresse et votre numéro de téléphone ou quoi que ce soit d’autre.

Quand vous faites une erreur dans un formulaire, ça vous est parfois signalé en rouge. Oui mais les logiciels de synthèse vocale ne lisent pas le rouge. 

Une chose est sûre, c’est que le web, bien plus encore que pour la population générale, a été une véritable révolution pour les personnes aveugles ou malvoyantes. On peut accéder à une somme d’informations que moi-même je n’aurais jamais pu imaginer il y a 15 ou 20 ans.

Aujourd’hui, je fonctionne aussi beaucoup avec les applications mobiles qui sont une bonne alternative au web. Mais là aussi, on prend des habitudes, on prend ses marques, on sait comment ça fonctionne et du jour au lendemain, on se retrouve avec une mise à jour qui rend l’application totalement inutilisable avec un lecteur d’écran. 

Alors s’il vous plaît, si vous êtes développeur, si vous travaillez sur un projet de site web, d’application, de logiciel, même d’un petit truc de communication interne, pensez que le service sur lequel vous travaillez pourra un jour servir à une personne aveugle ou malvoyante.

Pensez à respecter les règles d’accessibilité numérique, pas seulement à poser un bouton qui va permettre de régler la taille des caractères ou la couleur du texte. Non, pensez à respecter les règles d’accessibilité numérique et le service que vous développez sera beaucoup plus universel. Vous ne passerez plus à côté des clients ou utilisateurs qui rencontrent des difficultés d’accès à l’information. 

Les services numériques sont partout et l’inaccessibilité est un facteur d’exclusion dans la vie quotidienne mais bien sûr aussi dans la vie professionnelle. Merci, merci d’y penser. Vous aurez alors ma gratitude éternelle, et oui rien que cela.

J’espère que cet épisode vous a plu. Pour la prochaine fois, nous retournerons dans le monde réel pour explorer les grandes places publiques de nos villes.

Vous venez d’écouter Série noire pour une canne blanche, un podcast proposé par Okeenea. Vous pouvez retrouver tous les épisodes de la série sur le Webzine Okeenea, webzine.okeenea.com et toutes les bonnes plateformes de podcast. 

Si cet épisode vous a plu, n’hésitez pas à le partager largement avec votre entourage. Quant à moi, je vous retrouve très bientôt pour un nouvel épisode de mes aventures. Pensez à vous abonner pour être sûr de ne pas le rater. D’ici là, vous pouvez reprendre une activité normale. Portez-vous bien !

 

Episode 1 | Les mystères du RER

Transcription Episode 1 | Les mystères du RER

Bonjour à toutes et à tous, je suis Lise Wagner et je vous accueille dans ma Série noire pour une canne blanche.

Série noire pour une canne blanche, c’est le podcast qui vous fait découvrir les défis qu’affrontent quotidiennement les personnes qui comme moi voient le monde avec leurs mains et leurs oreilles.

Aujourd’hui, pour ce premier épisode, je vous emmène dans le RER parisien. Ah les joies des transports en commun ! Pour moi qui suis non voyante, les transports en commun sont avant tout synonymes de liberté.

Mais quand les choses se dérèglent, l’aventure peut vite se transformer en cauchemar. Un cauchemar d’autant plus terrifiant quand on se retrouve dans une petite gare de banlieue, seule sur un quai, avec pour unique compagnie un homme avec qui il est quasi impossible de communiquer. 

Tout ça pour un manque d’accès à l’information. Je vous raconte, c’était un jour de printemps et une amie parisienne m’avait invitée à passer le week-end chez elle. Quand je dis parisienne, ce n’est pas tout à fait vrai puisqu’en réalité elle habitait la coquette ville d’Orsay dans l’Essonne.

Elle m’avait expliqué le trajet avec précision. De la gare de Lyon, je devais prendre le RER A jusqu’à Châtelet-les-Halles puis le RER B direction Saint-Rémy-lès-Chevreuse où je devais descendre à Orsay. 

Mais c’était sans compter quelques petites surprises sur le trajet. Tout avait pourtant très bien commencé. J’avais pu me rendre à la gare de la Part-Dieu à Lyon pour prendre mon TGV, j’avais été accompagnée par un membre du personnel SNCF qui m’a mise dans le train et le même service d’assistance à la gare de Lyon à Paris m’attendait pour me réceptionner à ma descente du train et m’avait même accompagnée jusqu’à la gare de RER où j’ai pu monter dedans sans aucun souci. 

Mais descendue à Châtelet-les-Halles, c’est là où les choses ont commencé à se gâter. En effet, j’ai appris qu’il y avait des manifestations dans les rues de Paris qui faisaient que la ligne était interrompue sur une bonne partie. Mais même si en tant que provinciale ayant grandi dans un petit village de montagne, les transports en commun à Paris c’est toujours très impressionnant, je suis quand même toujours plutôt confiante puisqu’il y a vraiment beaucoup de monde et il est rare de se trouver seule sans aucune assistance.

Et d’ailleurs, c’est bien ce qui s’est passé. Une femme tout à fait avenante est vite venue à mon secours et m’a proposé une solution alternative pour me rendre à ma destination. Elle avait une connaissance du réseau parisien, je pense que les agents de la RATP auraient pu lui envier. Elle m’explique alors comment me rendre à ma destination, je dois prendre la ligne 4 jusqu’à son terminus porte d’Orléans puis un bus qui me mènera à Bourg-la-Reine où je pourrais récupérer le RER B direction Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Elle me quitte à porte d’Orléans puisqu’elle doit aller travailler. En fait, c’était une femme de ménage qui faisait le ménage dans les bureaux la nuit donc elle, elle partait travailler au moment où tout le monde rentrait chez lui ou partait en week-end. Elle prend donc congé non sans avoir pris la précaution de prévenir la conductrice du bus auquel elle m’avait accompagnée que je devais descendre à la station Bourg-la-Reine. 

Malheureusement, la suite ne s’est pas tout à fait passée comme prévu puisque la conductrice du bus, sans doute voulant bien faire, ça je n’en doute pas un seul instant, m’a préconisé de descendre plutôt à la station Bagneux que Bourg-la-Reine prétextant que ce serait beaucoup plus simple pour moi, que la station était plus facile et que j’aurais donc moins de difficultés à retrouver le quai du RER.

A ma descente du bus, un monsieur très bienveillant offre de m’accompagner jusqu’au quai, ce que j’accepte bien volontiers. Mais je me rends compte assez rapidement qu’il est difficile de communiquer avec lui puisqu’il parle très très peu français et le peu que j’arrive à comprendre c’est avec un très fort accent. Je comprends qu’il est Egyptien et malgré cette difficulté, il insiste pour attendre le RER avec moi et ne pas me laisser seule donc je ne peux que lui en être très reconnaissante. 

Et commence une longue attente. Nous attendons, attendons, un train, puis un autre, encore un autre, Antony, Robinson, Antony, Robinson, Massy, Robinson mais rien pour Saint-Rémy-lès-Chevreuse. J’essaie de joindre mon amie sur son portable mais tous mes appels aboutissent sur sa messagerie. J’apprendrais ensuite que son téléphone l’attendait sagement dans sa chambre pendant qu’elle était en train de regarder la télé ou je ne sais plus trop quoi faire dans le salon.

Mon compagnon d’infortune fait de son mieux pour comprendre les panneaux d’affichage mais malheureusement sans succès. Il finit par se décider à aller demander de l’aide et revient avec la solution. En réalité, aucun des RER en direction de Saint-Rémy-lès-Chevreuse ne s’arrêtait à Bagneux. Moralité : j’aurais mieux fait d’écouter ma gentille femme de ménage plutôt que la conductrice du bus RATP. 

Il suffisait de prendre le premier RER pour Bourg-la-Reine et ensuite de récupérer un train direction Saint-Rémy. Résultat : le voyage de Paris à Orsay, 32 km, m’a pris deux fois plus de temps que le voyage de Lyon à Paris qui fait 470 km.

Si je me retrouvais dans une même situation aujourd’hui, évidemment j’aurais beaucoup plus d’outils à ma disposition puisque maintenant j’ai l’habitude d’utiliser des applications sur mon smartphone qui me donnent les horaires des transports, les trajets alternatifs. J’ai la possibilité de me localiser avec le GPS donc, à condition que j’ai de la batterie sur mon téléphone, ce genre de situation ne pourrait plus m’arriver aujourd’hui. 

Néanmoins, j’ai toujours été impressionnée, les panneaux d’affichage sur les quais de RER, je me suis toujours demandée comment les personnes qui avaient des difficultés avec la langue française, des difficultés de lecture, de compréhension ou tout simplement de vision comme moi pouvaient s’en sortir avec un affichage aussi compliqué.

Une solution serait bien sûr de vocaliser ces informations qui sont seulement écrites. A l’arrivée d’un RER sur le quai, ce serait sans doute utile à tout le monde de savoir quelle est la destination de ce train et quelles sont les gares qu’il dessert. Mais ce n’est pas encore le cas malheureusement. 

J’espère que cet épisode vous a plu et je vous promets de vous retrouver bientôt avec un nouveau sujet. Cette fois, nous parlerons du numérique et de l’accès au web.

Vous venez d’écouter Série noire pour une canne blanche, un podcast proposé par Okeenea. Vous pouvez retrouver tous les épisodes de la série sur le Webzine Okeenea, webzine.okeenea.com, et toutes les plateformes de podcast.

Si cet épisode vous a plu, n’hésitez pas à le partager largement avec votre entourage. Quant à moi, je vous retrouve très bientôt pour un nouvel épisode de mes aventures. Pensez à vous abonner pour être sûr de ne pas le rater. D’ici là, vous pouvez reprendre une activité normale. Portez-vous bien !

 

Frissonnez en écoutant le teaser du podcast ou en le lisant car il est sous-titré !

Tenez-vous prêts pour le premier épisode vendredi 8 avril…

Transcription écrite du teaser :

Musique d’intro angoissante

“Bienvenue dans Série noire pour une canne blanche. Série noire pour une canne blanche c’est le podcast qui vous fait découvrir les défis qu’affrontent quotidiennement les personnes qui comme moi, voient le monde avec leurs mains et leurs oreilles.

Moi c’est Lise Wagner et ma canne blanche, c’est ma compagne de tous les instants. 

Cette série de podcast s’adresse à vous qui êtes curieux de savoir comment vivre sans voir, comment avec l’acuité visuelle d’une chauve-souris, on parvient à faire son chemin dans un monde semé d’embûches. 

En vous invitant à me suivre dans mes aventures du quotidien, j’ai pour ambition de vous faire toucher du doigt les obstacles que rencontrent les personnes aveugles ou malvoyantes pour vivre la vie qu’elles ont choisie mais aussi comment vous, à votre niveau, vous pouvez les faire tomber ces obstacles. 

Pour ma part, j’ai toujours été très malvoyante et ça ne s’est pas arrangé avec le temps. Aujourd’hui, je ne perçois que quelques différences de luminosité, les contrastes et quelques silhouettes mais ça ne m’empêche pas d’être une grande amoureuse de la vie. 

Je vais vous emmener dans la rue, dans les transports, les magasins, les hôtels et bien d’autres endroits dont vous n’avez même pas idée. 

Pour ne rien manquer, je vous invite à vous abonner dès maintenant à ma chaîne “Série noire pour une canne blanche” sur votre plateforme de podcast préférée. A bientôt pour partager mes aventures.”

Même musique angoissante à la fin.

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