Comment aider les personnes handicapées à bien vivre le métro ?

Six villes françaises sont équipées de métro : Paris, Lille, Lyon, Toulouse, Marseille et Rennes. Depuis l’ouverture de la première station à Paris en 1900 jusqu’à nos jours, 489 stations et près de 2500 kilomètres de galeries souterraines ont été creusées partout en France pour relier les stations les unes aux autres. Un véritable labyrinthe abyssal qui permet à des milliers de personnes chaque jour de se déplacer sans emprunter les rues souvent très encombrées que nous connaissons si bien.

Si le métro est la solution de déplacement privilégiée pour une grande partie de la population, il peut s’avérer être un véritable casse-tête pour les personnes présentant une forme de handicap.

Comment se sentir en sécurité dans un environnement encombré et confiné ? Comment trouver son chemin face à la complexité de certaines stations ? Comment accéder aux quais dans un environnement où les ascenseurs se font parfois rares voire inexistants ?

Nous faisons le point sur les difficultés rencontrées par les personnes handicapées et les bonnes pratiques à adopter au fil de la chaîne de déplacement.

Bienvenue dans le Métro !

Préparer son trajet

Afin d’aller d’un point A à un point B dans le métro sans encombres, rien de tel qu’une bonne préparation de son itinéraire. Mais pour les personnes handicapées cela peut s’avérer compliqué.

Difficultés rencontrées Bonnes pratiques
Comprendre l’itinéraire à emprunter Site ou application avec itinéraire adapté
Manque d’information sur les perturbations Information en temps réel en cas de perturbation
Manque d’information sur la présence et l’état des ascenseurs/escalators Information en temps réel de l’état de fonctionnement des ascenseurs et des escalators
Oubli de l’itinéraire Aide-mémoire du trajet

Trouver la station

Pas facile de trouver l’entrée d’une station de métro pour qui ne voit pas ou mal. 

Pensez à privilégier une signalétique claire et uniforme sur l’ensemble du réseau qui soit accessible à tous. L’accessibilité passe par un bon éclairage, un contraste visuel et un guidage sonore et podotactile réglementaire.

Quels sont les besoins des piétons en termes de guidage ? Nous faisons le point dans cet article.

Descendre dans la station

Face aux nombreuses marches qui séparent l’entrée de la station de la station elle-même, l’installation d’ascenseurs et d’escalators est essentielle pour les personnes à mobilité réduite.

Entrée de métro à New York avec escaliers

En raison de l’ancienneté de certains réseaux, de nombreuses stations ne sont accessibles que par des escaliers. C’est le cas à Paris où les premières lignes ont été inaugurées lors de l’Exposition Universelle de 1900.  Par conséquent, les travaux y sont difficiles voire impossibles selon la RATP.

L’accès vertical au métro est pourtant crucial pour les quelques millions de Français à mobilité réduite et touristes qui aimeraient pouvoir profiter de notre beau patrimoine. L’absence de tels dispositifs les contraint à utiliser un moyen de transport alternatif, voire à rester chez eux.

Plus d’information sur l’accessibilité des transports publics pour les personnes handicapées moteur.

Acheter un ticket

Impossible de franchir les portiques sans être équipé d’un billet. 

Pour cela plusieurs options d’achat sont possibles : au guichet avec un membre du personnel, au distributeur ou en ligne. Encore faut-il que l’une de ces options soit accessible.

Difficultés rencontrées Bonnes pratiques
Localiser le guichet ou le distributeur Guidage sonore, signalétique visuelle et podotactile
Utiliser les touches tactiles des distributeurs Touches en relief
Absence de vocalisation de l’information Prise jack pour les écouteurs
Hauteur du comptoir Prévoir un comptoir abaissé
Difficulté de compréhension de l’offre Présentation simplifiée de l’information (pictogrammes)
Difficulté à lire Gros caractères et vocabulaire accessible (facile à lire et à comprendre FALC)
Stress lié à l’impatience des autres usagers Achat du ticket en ligne, par texto ou via une application
Communication avec le personnel en charge Formation du personnel à l’accueil et à l’accompagnement des personnes handicapées

Passer les portiques

Passer les portiques de sécurité peut être stressant. L’impatience des autres usagers, le manque de temps pour les franchir, la force à laquelle les portes se referment sont autant de facteurs anxiogènes qui sont exacerbés en présence d’un handicap.

Comment les personnes déficientes visuelles font-elles pour repérer les portiques ? Comment font-elles pour les franchir rapidement sans se blesser ni blesser leur chien guide ? Sans oublier les personnes présentant un trouble psychique vecteur de stress ou encore celles qui ont tout simplement besoin de plus de temps pour comprendre leur environnement et se déplacer.

Si l’enjeu principal des exploitants des réseaux de métro est la lutte contre la fraude il n’en est pas moins important de permettre à tous et à toutes d’accéder aux rames de métro en sécurité.

Difficultés rencontrées Bonnes pratiques
Largeur de passage insuffisante pour un fauteuil roulant Sas dédié aux personnes à mobilité réduite permettant le passage des poussettes, fauteuils roulants et personnes accompagnées
Contrôle du titre de transport situé trop haut  Prévoir un passage plus bas pour les personnes de petite taille et les enfants
Difficulté d’introduction du titre de transport Privilégier la validation sans contact
Distinction entre portiques d’entrée et de sortie Contraste visuel, utilisation de pictogrammes lumineux pour une bonne visibilité (exemple : flèche verte et croix rouge), repérage podotactile
Fermeture des portes trop rapide Détecteur de présence
Absence de détection des enfants, personnes de petite taille ou chiens guides Abaisser le détecteur de présence
Validation difficile pour les personnes n’ayant pas l’usage du bras droit Portiques de contrôle d’accès avec possibilité de valider à gauche, double validation dans les sas PMR
Bouton d’ouverture des sas PMR difficile à trouver et à manoeuvrer Bouton d’ouverture visuellement contrasté et facilement préhensible

Trouver le quai

Dans certaines stations trouver le bon quai peut se transformer en véritable jeu de piste. La complexité de l’espace, le nombre de correspondances, le manque d’information ou encore le flux de passagers aux heures de pointe rendent l’orientation difficile.

Plusieurs personnes attendent le métro au quai

En réponse aux difficultés éprouvées par les usagers les plus fragiles, une signalétique visuelle et sonore claire est indispensable. Ajouté à cela, un système de guidage digital peut permettre une complète autonomie et un sentiment de réassurance lors des déplacements.

Pour en savoir plus sur les solutions dédiées aux personnes déficientes visuelles dans le métro, découvrez notre article.

Trouver sa place

Une fois à bord, que la rame soit pleine ou non, il n’est pas toujours aisé de savoir où s’asseoir. Se frayer un chemin pour demander la place d’une autre personne demande une certaine assurance et des capacités sensorielles que tout le monde n’a pas.

Pour cela il est important de définir des espaces assis prioritaires clairement identifiables.

S’arrêter à la bonne station

Pour savoir à quel moment s’arrêter, un plan de l’ensemble de la ligne à bord de la rame est indispensable. Une annonce sonore et visuelle en amont de chaque station et lors d’éventuelles perturbations permet ainsi de compenser certains troubles sensoriels et psychiques chez les usagers.

A lire : Accessibilité de l’information voyageur : 5 solutions pour les usagers sourds et malentendants

Les catégories de besoins

Selon le rapport benchmark des solutions d’Univaccess réalisé en 2018 pour le Grand Paris Express, les besoins des usagers handicapés dans le métro peuvent être rattachés à 6 catégories :

  1. Une information voyageur adaptée et en temps réel, en toutes situations
  2. Un repérage et une orientation facilités
  3. La réduction des obstacles physiques
  4. Du mobilier, des places et des équipements adaptés, prioritaires d’accès 
  5. Assistance et aide humaine
  6. Se sentir en sécurité

Il revient aux exploitants des réseaux de métro de mettre en place des solutions adéquates pour répondre au mieux aux besoins des personnes handicapées. Un dialogue entre les associations représentant les personnes handicapées et les décisionnaires permettent d’adresser de la meilleure manière possible les besoins des personnes à qui sont destinées ces solutions.

Si la loi rend obligatoire certains aménagements dans les réseaux de transports depuis maintenant 15 ans, la mise en accessibilité du métro en France tourne à deux vitesses. Alors que certaines lignes font preuve d’exemplarité en matière d’accessibilité, beaucoup de stations ne sont pas encore aux normes et contraignent les usagers à utiliser un transport de substitution.

De nombreuses solutions, qu’elles soient connues ou novatrices, permettent d’atteindre les objectifs d’accessibilité fixé par la réglementation. Découvrez-en quelques-unes dans notre Webzine !

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