Jeux Olympiques Tokyo 2020 : le point sur les équipements d’accessibilité

A l’occasion des Jeux Olympiques d’été, la capitale japonaise s’apprête à accueillir près de 500 000 touristes et 4 400 athlètes paralympiques du 24 août au 9 septembre 2020. La ville a déjà connu l’effervescence liée à un tel évènement en 1964 et des travaux considérables avaient été entrepris. Cette année, le défi de Tokyo sera d’accueillir les milliers de personnes qui vont affluer des quatre coins du monde pour assister à cet événement unique et parmi elles plusieurs milliers de personnes à besoins spécifiques.

Le budget d’organisation global est estimé au minimum à 3,4 Mds$. Un investissement colossal qui s’explique notamment par la mise en accessibilité des infrastructures de la zone olympique et de la ville.

Mais qu’en est-il vraiment ? Quelle est la réglementation nationale en vigueur relative à l’accessibilité ? Et quelles sont les exemples d’application à ce jour des lois et des directives ? Nous verrons que l’organisation de cet événement est une belle vitrine matière d’accessibilité mais que des efforts certains restent encore à fournir.

La réglementation locale en matière d’accessibilité

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Le nombre de personnes âgées est en constante évolution au Japon. Plus la population vieillit et plus les besoins liés à l’accessibilité augmentent. En réponse à cette problématique croissante, le Ministère du territoire, des infrastructures et du tourisme a fait entrer en vigueur en 2008 la Loi “barrier free” afin de permettre à tous et à toutes de se déplacer en autonomie dans les espaces publics tels que les gares, les aéroports, les ports mais aussi les centres commerciaux et les bâtiments publics.

La mise en accessibilité des espaces publics s’est traduite par de nombreuses initiatives telles que l’installation de rampes, d’ascenseurs, de marquages tactiles au sol, d’emplacements réservés aux personnes en fauteuil ou encore de mise à disposition d’informations en braille.

L’élection en 2013 de Tokyo en tant que ville hôte des Jeux Olympiques a permis d’accélérer le processus de mise en application de cette loi et de permettre au plus grand nombre de profiter de cet évènement sportif. Tous les lieux accessibles seront repérables par un autocollant bleu lors des Jeux Olympiques en été 2020.

Les directives d’accessibilité du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques

directives d'accessibilité Jeux Olympiques Tokyo 2020

En collaboration avec les organisations gouvernementales compétentes, le gouvernement de Tokyo, les autorités municipales et les associations représentant les personnes handicapées, le comité d’organisation de Tokyo 2020 a formulé des directives d’accessibilité pour les jeux olympiques, qui ont été approuvées par le comité paralympique international.

Parmi les sites de compétition, 24 sont déjà existants, 10 resteront temporaires et 8 ont été construits spécialement pour les Jeux. Les autres espaces ciblés par les directives d’accessibilité regroupent les lieux d’hébergements ainsi que les transports existants et ceux créés pour l’occasion.

Les équipements d’accès et de circulation

Ces directives s’appliquent dans un premier temps à l’ensemble des équipements d’accès et de circulation tels que :

  • Les voies d’accès et les zones de circulation qui doivent être libres de tout obstacles et d’une largeur minimum de 1,80m.
  • Les rampes si un accès à la même hauteur au sol n’est pas possible (différentes inclinaisons en fonction des sites sont proposées dans le guide).
  • Les escaliers dont les marches doivent être de hauteur et de profondeur uniformes en évitant les escaliers en colimaçon.
  • Les surfaces au sol qui ne doivent présenter aucun risque de trébuchement et offrir des indicateurs directionnels fiables qui s’adaptent à tous les usagers. De plus, les cheminements extérieurs doivent être équipés de bande de guidage.
  • Les comptoirs d’accueils, les entrées, les sorties doivent être accessibles aux personnes à mobilité réduite.
  • Les portes doivent être conçues de façon à pouvoir être poussées par des personnes en fauteuil roulant, poussant une poussette ou portant des objets lourds.
  • Les ascenseurs et escaliers mécaniques qui doivent être installés à proximité des lieux de passage.

Les équipements dédiés aux spectateurs

Concernant les équipements dédiés aux spectateurs, le guide formule des préconisations également pour : 

  • Les places assises : au moins 0,50% du nombre total de places doivent être accessibles aux personnes à mobilité réduite. Le même ratio est applicable aux places dédiées aux accompagnateurs.
  • Les toilettes et les vestiaires doivent être pensés pour pouvoir accueillir les personnes à mobilité réduite également. Un toilette unisexe destiné à pouvoir accueillir une personne en fauteuil roulant est obligatoire pour chaque bloc de sanitaires.

équipement d'accessibilité Jeux Olympiques

Pour plus de détails sur les spécificités techniques conseillées, reportez-vous au guide d’accessibilité des JO 2020 (disponible en anglais uniquement).

Un exemple d’application des directives d’accessibilité : le Village des athlètes des Jeux de Tokyo

Le concept du Village repose sur le principe de conception universelle. Un lieu conçu spécifiquement pour l’occasion et 100% accessible pour permettre aux athlètes de se détendre et de se concentrer.

Le Village se conforme entièrement aux directives d’accessibilité du comité. Chaque détail a été pensé pour accueillir les athlètes paralympiques afin de leur garantir un confort optimum en vue des compétitions.

Par exemple, le gouvernement de Tokyo a procédé à une étude pour s’assurer que la mise en configuration des ascenseurs réponde aux exigences spécifiques des Jeux de Tokyo 2020 ainsi qu’aux besoins à long terme. Aussi, des chambres doubles ont été converties en chambres individuelles pour que les athlètes à besoins spécifiques puissent bénéficier d’un espace suffisant.

Avec une pente maximale de 2,5 degrés, le site du Village olympique est géographiquement adapté pour héberger tous les visiteurs. L’accès au bord de mer a été conçu avec une pente légère. Aussi, la distance la plus longue à parcourir entre l’entrée des athlètes et les résidences est de 850 mètres.

Transports : une navette futuriste pour réduire les obstacles

Un autre exemple d’application concrète en matière d’accessibilité, cette fois lié aux transports, est la navette futuriste Accessible People Mover (APM) de Toyota. Partenaire olympique mondial, le constructeur automobile a mis au point un véhicule électrique pour les courtes distances. Les quelques 200 navettes pourront ainsi transporter les athlètes, le personnel et les visiteurs ayant des difficultés de mobilité sur les différents sites des Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Pour conclure

Si le Japon reste un exemple en matière d’accessibilité en Asie, il lui reste encore du chemin à parcourir pour égaler ses homologues européens.

Le président du Comité international paralympique Andrew Parsons reste notamment inquiet quant à l’accessibilité des chambres d’hôtel de la ville. Il y a peu, les hôtels de 50 chambres et plus étaient tenus de ne disposer que d’une seule chambre accessible. Le texte a été modifié récemment pour porter ce niveau à 1% du nombre total de chambres par hôtel. Cette réforme sera un héritage positif des Paralympiques, mais risque fort d’arriver trop tard pour la compétition en elle-même. 

De manière générale, le Japon garde une mentalité protectrice vis à vis des ses citoyens handicapés. En dépit des nouvelles réglementations et de l’amélioration globale de l’accessibilité des lieux publics, « vous ne voyez pas de personnes handicapées se déplacer, parce qu’il y a une barrière culturelle. On attend d’elles qu’elles restent à la maison”, dénonce Andrew Parsons.

Cependant, l’organisation des jeux olympiques reste une belle occasion pour changer les mentalités et les réglementations. En héritage des Jeux Olympiques de Pékin en 2008, l’aéroport de Pékin compte désormais un parking spécialement adapté aux personnes handicapés. L’événement a aussi permis de construire des rampes pour fauteuils roulants dans les rues, les centres commerciaux et les attractions culturelles majeures.

Autre fait marquant à l’occasion des JO de Pékin, la ville a installé des feux sonores aux passages piétons pour assister les personnes malvoyantes.

A l’instar de Pékin et des autres villes hôtes, laissons agir sur Tokyo la pression positive qui aidera la capitale nippone à faire sa transition vers une ville plus accessible.

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Publié le 2 janvier 2020

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