6 idées reçues sur l’accessibilité des personnes à mobilité réduite (PMR)

Le handicap moteur (Personnes à mobilité réduite – PMR), on pense bien le connaitre. Le symbole du fauteuil roulant signale tous les équipements prévus pour les personnes handicapées. Mais quelles sont les difficultés réelles des personnes concernées ? Qui sont-elles exactement ? Quelles sont les aménagements dont elles ont besoin ? Si vous êtes en charge d’un projet de mise en accessibilité (ou tout simplement pour satisfaire votre curiosité…), lisez ce qui suit et vous éviterez bien des erreurs.

  1. Les handicapés moteurs, ce sont les personnes en fauteuil roulant.

  2. Oui, mais pas que. En fait, les personnes en fauteuil roulant sont même minoritaires parmi celles ayant un handicap moteur.
    D’après l’INSEE, 13,4% des Français ont une déficience motrice et seuls 2 à 3% se déplacent en fauteuil roulant.

    Alors, qui sont les autres ?
    Toutes les personnes qui éprouvent des difficultés à marcher sans aide ou sur de longues distances, qui ont du mal à monter ou descendre les escaliers, mais aussi toutes celles qui manquent de force ou n’arrivent pas à coordonner leurs gestes. Ça fait du monde !

    Au-delà des problèmes d’accès physique, ces personnes peuvent aussi avoir des difficultés à manœuvrer les portes et utiliser les équipements à disposition du public.

    Les rampes amovibles comme solution d'accessibilité pour les personnes en fauteuil

  3. A quoi bon investir dans une rampe ? Je n’ai aucun client en fauteuil roulant.

  4. Un ami me racontait la semaine dernière à quel point il avait été surpris en voyant le nombre de personnes handicapées dans les rues lors d’un voyage au Danemark. Non, le Danemark n’est pas une terre hostile où la vie serait plus dangereuse qu’ailleurs en Europe. Le Danemark a tout simplement plus d’installations accessibles !
    C’est aussi bête que ça : « pas d’accessibilité, pas d’handicapés ! »
    Et le contraire marche aussi.
    Sans compter que si vous facilitez l’accès aux personnes handicapées, tout le monde y trouvera du confort, à commencer par les gens chargés, les parents avec poussette ou les personnes âgées.

  5. Mon entrée est de plain-pied, je n’ai donc aucun travaux d’accessibilité à faire.

  6. C’est déjà une très bonne chose en effet ! Vous n’aurez pas besoin de vous mettre en quête d’une solution de franchissement comme une rampe ou un élévateur.
    Cependant, il ne suffit pas d’entrer pour pouvoir utiliser les services que vous proposez. D’autres points sont à vérifier. Pour n’en citer que quelques-uns, il faudra faire attention aux largeurs de portes, à l’espace de circulation, à la possibilité d’atteindre les équipements, etc.
    N’oubliez pas non plus les besoins des personnes ayant un handicap visuel, auditif ou mental !

  7. J’ai mis une rampe d’accès, mon établissement est accessible.

  8. Même remarque que pour l’entrée de plain-pied : pensez aussi au reste !
    En plus, sachez que toutes les rampes ne sont pas franchissables par les personnes handicapées. C’est la raison pour laquelle la réglementation accessibilité définit des pourcentages de pentes à ne pas dépasser. Si vous ne disposez pas d’un espace suffisant pour les respecter, il vous faudra faire une demande de dérogation.

    Faites aussi attention à la largeur de la rampe. La réglementation accessibilité est basée sur la base d’un fauteuil roulant d’une largeur de 75 centimètres. S’il n’y a qu’un centimètre de chaque côté pour grimper, bonjour l’angoisse !

  9. Je n’ai pas la place ou les moyens de construire une rampe d’accès, je dois faire une demande de dérogation.

  10. C’était en effet le cas jusqu’en 2014. Depuis, les règles ont été assouplies pour les ERP situés dans des bâtiments existants. L’arrêté du 8 décembre 2014 prévoit désormais la possibilité d’assurer le franchissement du seuil de l’entrée par une rampe amovible, automatique ou manuelle.
    Cette rampe doit répondre à certains critères définis dans le texte. Elle doit aussi être associée à une sonnette pour que les personnes qui en ont besoin puissent signaler leur présence. Et bien sûr, le personnel doit être formé à sa manipulation!

  11. Je vais devoir fermer mon établissement car je n’ai pas les moyens de construire un ascenseur.

  12. La loi n’a certainement pas pour objectif de contraindre à la fermeture les commerces, cabinets médicaux ou autres établissements qui font vivre nos villes et apportent du service à leurs habitants. Elle vise simplement à faire en sorte que tous puissent en bénéficier malgré leur handicap.
    Et bien sûr, il existe des exceptions. La loi prévoit plusieurs motifs de dérogations, dont la « disproportion manifeste entre les améliorations apportées et leurs conséquences. »
    En résumé, si la réalisation de travaux d’accessibilité met en péril votre activité, vous pouvez demander à en être dispensé.
    Cette demande aura d’autant plus de chances d’aboutir si vous prouvez votre bonne foi en vous engageant à mettre en place des mesures de substitution comme la possibilité d’offrir vos services à domicile ou dans une partie accessible de votre local.
    Un engagement à réaliser les petits aménagements peu coûteux qui amélioreront le confort du plus grand nombre, comme une signalétique contrastée, un système d’amplification ou une barre d’appui, jouera aussi en votre faveur !

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