Comment concevoir une signalétique accessible à tous ? Réglementation et bonnes pratiques.

Qui n’a jamais cherché désespérément l’emplacement des toilettes dans une gare ou un grand magasin ? Qui ne s’est jamais trompé de direction en ayant mal interprété le sens d’une flèche ? Qui n’a jamais erré dans une administration à la recherche de son interlocuteur ? La faute à une signalétique défaillante ou inadaptée ! Réaliser une signalétique accessible permet de répondre aux besoins des 12 millions de Français vivant avec un handicap. Mais adopter cette démarche améliorera l’expérience utilisateur de tous vos usagers !

3 grands principes pour une signalétique accessible

signalétique accessible "toilettes"La signalétique regroupe l’ensemble des éléments de signalisation destinés à l’information et à l’orientation des usagers d’un établissement : public, personnel, prestataires externes. Pour répondre à la réglementation accessibilité, toutes les informations permanentes doivent pouvoir être reçues et interprétées par les visiteurs handicapés, quel que soit leur handicap. Dans cet objectif, vous devrez respecter 3 grands principes :

  • Visibilité,
  • Lisibilité, et
  • Compréhension.

Par ailleurs, pour être accessible à tous, votre signalétique doit être multisensorielle, ce qui signifie utiliser des éléments visuels, sonores, tactiles et podotactiles comme :

Et vous vous en apercevrez très vite, tout le monde en bénéficiera ! Tout simplement parce que pouvoir s’orienter facilement améliore le confort et la sérénité de tous.

La signalétique : un projet d’organisation des flux

signalétique, gestion des fluxLa signalétique a pour objectif de guider et accompagner tous les usagers d’un site tout au long de leur parcours. La première question à se poser est alors : qui sont ces usagers ?
Faites la liste de toutes les personnes qui sont amenées à fréquenter votre établissement : utilisateurs des services, visiteurs, personnel, prestataires, etc. Et dressez un profil type pour chaque catégorie : âge, difficultés motrices, sensorielles, cognitives…
La deuxième étape est d’établir les parcours types des usagers de votre établissement pour déterminer de quelles informations ils ont besoin et à quels moments. Vous devrez veiller à définir les parcours les plus simples possibles et à limiter les détours inutiles.
Pour mener à bien cette étude préalable, vous pouvez avoir recours à la concertation.

Une chaine d’information à respecter

Accéder aux services d’un établissement nécessite d’obtenir la bonne information au bon moment. On peut alors parler de « chaine d’information ». En voici les étapes principales :

  1. Repérer les bâtiments et leurs accès ;
  2. Être informé sur les horaires d’ouverture et le fonctionnement de l’établissement ;
  3. Se diriger dans l’établissement et utiliser les services ;
  4. Confirmer sa direction à chaque intersection ;
  5. Valider sa destination ;
  6. Faire le chemin en sens inverse pour regagner la sortie.

Toutes ces étapes doivent être considérées en fonction des spécificités de votre établissement en termes d’usages, de services, de conception architecturale, de typologies de visiteurs, etc.

Les critères d’une signalétique visible, lisible et compréhensible

signalétique dans un grand magasinSelon l’article L111-7-3 Du Code de la construction et de l’habitation, « les établissements recevant du public situés dans un cadre bâti existant doivent être tels que toute personne handicapée puisse y accéder, y circuler et y recevoir les informations qui y sont diffusées, dans les parties ouvertes au public. L’information destinée au public doit être diffusée par des moyens adaptés aux différents handicaps. »

Pour rendre votre établissement accessible à tous, l’arrêté du 8 décembre 2014 impose une signalétique visible, lisible et compréhensible à chaque étape du cheminement, de l’accès au terrain jusqu’à la sortie. Les caractéristiques minimales pour atteindre cet objectif sont décrites en annexe 3.

Une signalétique visible

La signalétique de votre établissement est le premier point de contact avec vos usagers ou visiteurs. A ce titre, elle doit refléter l’image de votre activité. Elle sera plus facilement repérable si vous respectez un code homogène et continu en rapport avec votre charte graphique sur tous vos éléments de signalétique et supports de communication.
Pour être bien visibles, les informations doivent être regroupées aux points stratégiques de prise de décision : entrées, sorties, paliers d’étages, intersections…, en résumé à chaque fois qu’un choix d’itinéraire est possible ou que l’usager a besoin de valider sa destination.
Les panneaux d’information doivent être d’une couleur contrastée par rapport à leur environnement immédiat.
Ils doivent être positionnés de manière à éviter tout effet d’éblouissement, de reflet ou de contrejour lié à l’éclairage naturel ou artificiel.
Les personnes malvoyantes doivent pouvoir s’approcher suffisamment pour lire les panneaux bas (situés à moins de 2,20 m du sol). Il faudra donc veiller à supprimer les obstacles qui pourraient les en empêcher.

Une signalétique lisible

Signalétique "sortie" accessibleDe même que la couleur du panneau doit contraster avec son environnement, les informations qu’il contient doivent contraster avec le fond. Respecter un contraste visuel d’au moins 70% est recommandé pour garantir la lisibilité des informations dans toutes les conditions d’éclairement.
La taille des caractères doit être proportionnée aux circonstances de lecture. Plus le panneau doit être vu de loin, plus la taille des lettres et pictogrammes devra être importante.
Dans tous les cas, la taille des caractères des informations écrites pour la signalisation et l’orientation ne doit pas être en-dessous de 15 mm.
Il est recommandé d’utiliser une police de caractère de type « bâton », à savoir sans empâtements qui pourraient créer la confusion. Pour favoriser la lecture, l’espacement des lettres est aussi un critère important.
N’abusez pas des majuscules ! Lorsqu’un texte est entièrement écrit en lettres majuscules, les personnes malvoyantes éprouvent des difficultés à reconnaitre la silhouette des mots. Il est donc préférable de n’écrire que la première lettre des mots en majuscule.
Une signalétique compréhensible

Si l’on tient compte des personnes ayant un handicap cognitif, celles dont la langue maternelle n’est pas le français et des personnes illettrées, plus de 20% de la population rencontre des difficultés à comprendre l’information. Pour faciliter la compréhension, il faut avant tout bien sélectionner, cibler et hiérarchiser l’information. Il est inutile d’accumuler plusieurs indications sur un même support, ceci les rendrait inutiles.
Sur le même principe, les informations doivent être concises, simples, de préférence rédigées en « facile à lire et à comprendre ».
Avoir recours à des symboles et des pictogrammes pour doubler l’information écrite est aussi vivement recommandé. Lorsqu’ils existent, les pictogrammes normalisés doivent être utilisés pour garantir leur bonne identification.
Pour en savoir plus sur les pictogrammes, lisez nos articles :
La norme NF P96-105 décryptée | Tout savoir sur la conception des pictogrammes (partie 1 )
La norme NF P96-105 décryptée | Tout savoir sur la mise en œuvre des pictogrammes (partie 2)

Nous n’avons traité dans cet article que des aspects liés à la signalétique visuelle. Mais vous trouverez aussi sur ce webzine bon nombre d’informations sur les éléments de signalétique sonore, tactile et podotactile. Notre équipe se tient à votre disposition pour vous accompagner dans votre projet de signalétique et vous garantir son accessibilité.

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